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Danger de massacre pour le peuple Kurde

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Mercredi 17 février 1999


C'est à bord d'un avion privé, après avoir été enlevé a Nairobi, que "Apo" le chef du Pkk a été transféré en Turquie. L'avion était un Falcon 900 de propriété du milliardaire turc Cavit Caglar qui l'a "gentiment" mis à disposition des sbires d'Ankara en échange de l'exclusivité du "scoop" de l'arrivée du résistant kurde en Turquie pour la chaîne privée Ntv dont il est propriétaire (sic!). Après une escale à l'aéroport militaire d'Istanbul, le Falcon s'est posé a Bandirma et, de là c'est à bord de trois Zodiacs escortés par une vedette rapide qu'Abdullah Ocalan a été emprisonné sur l'île d'Imrali, dans la mer de Marmara. Cette île est un lieu bien symbolique dans l'histoire du système répressif Turc. C'est ici qu'après le coup d'Etat des militaires avait été emprisonné et pendu, en 1960, le Premier ministre Adnan Menderes.

Le premier turc Ecevit, dopé par une jubilation populaire qui demande la mise à mort du chef de la résistance du peuple kurde, a fait comprendre qu'il pourrait "faire cadeaux" de la vie, sûrement pas de la liberté, à Ocalan en échange de la reddition des résistants du Pkk... Et, aujourd'hui, mercredi 17/2/99, Sermet Atacani, porte-parole du ministère des affaires étrangères turc a déclaré que son pays refusera catégoriquement la présence d'observateurs internationaux lors du procès.

"Le problème ce n'est pas seulement la vie d'un homme, mais la vie de tout un peuple qui risque d'être exterminé par la Turquie" a déclaré hier le député italien de Rifondazione Comunista Ramon Mantovani. Le parlementaire italien qui s'était activé pour trouver une solution politique au problème kurde (voir notre édition du 19 janvier) a poursuivi en affirmant à la presse italienne "la vérité est que cette histoire se terminera par un massacre et le gouvernement italien en est responsable"

Les Kurdes on bien compris d'avoir été vendus; un peuple broyé par le cynisme de la Realpolitik des Etats.

Car, c'est bel et bien en échange de l'installation de nouveaux missiles de fabrication russe S-300 sur la partie hellénique de Chypre ou sur l'île de Crète (fait, qu'il y a quelque jours à peine était considéré comme "un casus belli" par les militaires d'Ankara) qu'Athènes a consigné la vie du symbole de la résistance d'un peuple, sans Etat, dans les mains des services secrets turcs.

Et quoi penser de cette Union Européenne malade de lâcheté et d'hypocrisie qui comme le résume parfaitement Ramon Mantovani "dit que la Turquie ne pourra entrer dans l'Union si elle exécute Ocalan. Et, si, par contre elle ne le tue pas, mais massacre un peuple entier, alors oui qu'elle pourra faire allègrement son entrée parmi le club de quinze"...

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