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Le chef du PKK a été enlevé par un commando turc au Kenya

par Zeno

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16 février 1999


Abdullah Ocalan, le leader du PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan, a été enlevé entre le 15 et le 16 février par une action commando des services secrets turcs (appuyés par leurs alliés américains) de l'ambassade de Grèce à Nairobi, Kenya. Et c'est avec satisfaction et arrogance que le Premier ministre turque Bulent Ecevit a pu déclarer qu'il avait déjà été transféré en Turquie (depuis 3 h de cette nuit, heure locale), et qu'"il rendra des comptes à la justice turque pour ce qu'il a fait".

Après son pèlerinage dans les ciels européens (voir notre édition du 3 février) où le leader kurde chercha, sans succès, un pays d'accueil, "Apo" avait trouvé "refuge" dans une dépendance de l'ambassade grecque au Kenya. Dimanche dernier, en se sentant lâché par les autorités d'Athènes, il lança un appel aux médias grecs et européens, en demandant l'asile politique auprès de la Grèce, de l'Italie et de la Russie. Ce week-end des diplomates grecs avaient rencontré des partenaires européens afin de persuader les "quinze" de s'engager activement pour trouver une solution au problème kurde... Mais, comme seule réponse ils ont été confrontés à un silence... présage de mort!

Le gouvernement d'Athènes, constatant son total isolement avait donc déclaré, sans se mouiller d'avantage, que seulement "si l'Union européenne était disponible à aborder la question de façon unitaire une solution permanente (au problème kurde) serait trouvée".

Le Parlement européen avait bien pris position déjà en 1987 et en 1992 en demandant d'accorder au peuple kurdes un minimum (sic!) de droits démocratiques - notamment culturels - et cela, dans le cadre même de la "république" turque... en vain à chaque fois!

C'est un secret de Polichinelle qu'Ankara pratique systématiquement la torture, malgré qu'elle soit candidate à l'Union européenne. Et c'est une évidence aujourd'hui que tout état de l'Union s'incline devant un chantage économique (voir notre édition du 19 janvier) turque (Ankara étant un bon partenaire marchand ainsi qu'un bon allié militaire). Intimidé par le poids du gendarme américain, allié de la Turquie et dont il souhaite imposer sa participation à l'Union, "l'Europe" démontre, encore une fois, sa lâcheté politique, son sens de l'hypocrisie aigu et sa "sensibilité boutiquière" qui trouve exclusivement dans l'intérêt de ses multinationales sa seule raison d'existence.

Plus de 3000 villages kurdes ont néanmoins été détruits (soit le tiers des villages de ce peuple) par les forces armées d'Ankara (remarquablement entraînées et équipées et qui dépassent les 250.000 hommes) et, plus de deux millions de personnes ont été déportées. Inspirée par le cynisme fuyant, digne de l'hypocrisie de Ponce Pilate, l'Union européenne s'est donc rendue responsable d'avoir collaboré à livrer un homme aux mains d'un gang de tortionnaires notoires.

Intérêts d'Etats obligent...

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