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Nous publions
l'éditorial en 4 parties. Les réfugiés La migration des populations affectées par des changements climatiques progressifs ou soudains risque évidemment d'accroître les risques d'instabilité politique et de conflit. Ils sont évoqués avec pudeur dans les rapports du GIEC. Le rapport réalisé en octobre 2003 par deux experts travaillant pour le Pentagone, Schwartz et Randall, est autrement explicite (Schwartzet Randall, 2006). Curieusement, alors que le discours officiel de l'administration Bush visait toujours à ce moment à minimiser l'importance des changements climatiques et de leurs causes anthropiques, ce rapport resté secret quelques mois envisage un scénario catastrophe, où le climat devient chaotique, et où les réfugiés se disputent les maigres ressources alimentaires encore disponibles. Les auteurs concluent notamment que "Les États-Unis et l'Australie seront enclins à bâtir des forteresses défensives autour de leur pays parce qu'ils ont les ressources et les réserves pour assurer leur autosuffisance. [...] Les frontières seront renforcées dans l'ensemble du pays afin de tenir à l'écart les immigrants indésirables des îles Caraïbes, du Mexique et d'Amérique du Sud. [...] Dans ce monde d'États en guerre, on ne pourra pas échapper à la prolifération d'armes nucléaires." (...) Santé humaine Les impacts sur la santé humaine d'un changement climatique global incluent des changements dans l'extension géographique et dans la saisonnalité de différentes maladies infectieuses, les effets de la malnutrition et de la famine dus à une redistribution de la nourriture et des ressources en eau, et des augmentations de la mortalité et de la morbidité associées aux vagues de chaleur. Pour chacun des impacts potentiels indiqués ci-dessus, la vulnérabilité relative de différentes régions est largement déterminée par leur accès aux ressources, à l'information et aux technologies, et par la stabilité et l'efficacité de leurs institutions. Cela signifie que les possibilités de développement durable seront plus gravement affectées par les changements climatiques dans les pays en développement (...) Stratégies de réponse : contraction et convergence La prise de conscience de la communauté internationale a été bien tardive par rapport à l'ampleur du problème climatique. Alors que des scientifiques ont commencé à sonner l'alerte dès la fin des années 1950 [3], que la première conférence mondiale sur le climat a reconnu en 1979 l'importance des changements climatiques qui pourraient résulter de l'intensification de l'effet de serre, il a fallu attendre la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement à Rio de Janeiro en 1992 pour qu'une Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC 1992) soit adoptée. L'article 2 de la CCNUCC décrit l'ultime objectif de la convention: "Stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique." Cet article mentionne le besoin d'atteindre ce niveau dans un délai suffisant pour que "les écosystèmes puissent s'adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit menacée, et que le développement économique puisse se poursuivre de manière durable". Le Conseil des ministres européens est la seule instance politique à s'être prononcée officiellement sur la quantification de cet objectif. Le Conseil européen du 23 mars 2005 a rappelé la position prise dès juin 1996: "Le Conseil [...]confirme que, pour réaliser l'objectif ultime de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l'augmentation de la température mondiale annuelle moyenne en surface ne doit pas dépasser 2°C par rapport aux niveaux de l'époque préindustrielle." Peu avant, le Conseil européen des ministres de l'environnement avait écrit, le 10 mars 2005: "Il ressort de recherches scientifiques récentes et des travaux effectués dans le cadre du GIEC qu'il est peu probable qu'une stabilisation des concentrations à un niveau supérieur à 550 parties par million en volume en équivalent CO2 soit compatible avec l'objectif de 2°C et que, pour avoir une chance raisonnable de limiter à 2°C le réchauffement de la planète, il sera peut-être nécessaire de stabiliser les concentrations (...). Lire
la quatrième partie: Le sommaire:
Impacts L'éditorial
du livre "L'injustice fondamentale des
changements climatiques" a été
publié dans notre journal Les
Enquêtes interdites n°73-74 (format
PDF), paru le 2 août 2006.
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