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Désormais
le conflit entre la croissance matérielle sans
limites de la civilisation industrielle et la finitude de
notre Terre se manifeste dans le changement climatique
global lié aux activités humaines. Il y a
un demi-siècle déjà, quelques
scientifiques pionniers attiraient l'attention de leurs
collègues en soulignant que "les êtres
humains procèdent actuellement à une
expérience géophysique à grande
échelle. Les observations scientifiques comme les dérèglements météorologiques de ces dernières années sont venus confirmer les hypothèses d'un changement climatique global. La thèse de ce changement fait maintenant consensus chez les scientifiques réunis au sein du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), comme le montrent les réflexions réunies dans le dossier de la présente livraison. Consensus scientifique, dissensus politique Ces bouleversements climatiques posent évidemment aux différentes échelles de responsabilité politique de notre monde des problèmes difficiles parce qu'inédits et urgents. "[L'an] 2050 verra se multiplier les difficultés du monde présent: il y aura peut-être deux fois plus de riches, ce qui posera des problèmes écologiques considérables. Le processus de globalisation est inséparable d'une structuration multipolaire du monde qui rend particulièrement problématique l'émergence d'accords consensuels en matière de politiques climatiques: Outre les puissances anciennement industrialisées comme les États-Unis et l'Europe, on connaît désormais de nouveaux candidats à la domination régionale, comme le Brésil en Amérique latine; voire à l'hégémonie mondiale comme la Chine et l'Inde. Si l'alerte scientifique est ancienne, la prise de conscience politique a beaucoup tardé, comme l'a montré John Crowley [3]. Il a fallu en effet attendre la conférence de Rio en 1992 pour qu'une Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) soit adoptée, dans l'objectif ultime de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Il n'est guère possible d'atteindre un tel objectif sans "contraction et convergence" globales des émissions des gaz à effet de serre, comme le plaide Aubrey Meyer depuis plusieurs années [4]. Contraction globale et convergence à partir de niveaux de consommation très différents. Il est désormais reconnu que la responsabilité des divers pays dans l'augmentation mondiale ne peut être mesurée uniquement à l'aune de leur consommation énergétique actuelle, mais qu'il doit être tenu compte des différentiels historiques et régionaux dans ces évolutions. Si la Convention admet que les pays anciennement industrialisés doivent être "à l'avant-garde" des politiques de réduction, les questions politiques des modalités de cette convergence et de la responsabilité des États ne sont pas réglées pour autant(...) Des
amples extraits seront publiés dans notre journal
Les enquêtes interdites N°81 de mars 2007
(format PDF) [1] R.
Revelle et H. Suess, "Carbon dioxide exchange between
atmosphere and ocean and the question of an increase of
atmospheric CO2 during the past decade", Tellus, 9,
1957, p. 19. Abonnez-vous
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