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Début février 2006, le Premier ministre Dominique de Villepin choisit de passer en force à l'Assemblée nationale et fait adopter la loi dite sur l'égalité des chances en utilisant l'article 49.3 de la Constitution. Un nouveau contrat précaire est institué, le "contrat première embauche" (CPE), destiné aux moins de 26 ans, qui allonge la période d'essai à deux ans, facilite le licenciement et participe du démantèlement du droit du travail. Trois mois après les émeutes urbaines de l'automne 2005, le gouvernement entend ainsi apporter une réponse au "malaise des jeunes" en généralisant les emplois précaires. Face à cette provocation, un mouvement étudiant et lycéen démarre dans toute la France. Très vite, les manifestations se multiplient, les salariés se joignent aux étudiants. Né d'une écriture collective, ce livre décrit le vécu du mouvement étudiant en établissant des comparaisons avec d'autres villes et universités. Il raconte l'originalité de la mobilisation dans ses modalités d'organisation et dans ses pratiques d'autogestion. Les blocages donnent lieu à une réappropriation de l'espace universitaire, créant d'intenses débats sur le rôle de l'université, la pratique de la démocratie, les attentes par rapport a monde du travail, mais aussi sur les conditions d'élargissement de la lutte aux salariés, en particulier aux plus précaires d'entre eux. Certains mots, sigles ou noms de ministres, cibles emblématiques de la contestation, restent associés au souvenir de grandes luttes sociales. Le nom de Devaquet, ministre révoqué par la rue étudiante en 1986, rappelle l'immense mobilisation contre la tentative d'introduction de la sélection à l'université par le gouvernement Chirac lors de la première cohabitation. En 1994, le rejet du contrat d'insertion professionnelle (CIP) lancé par le gouvernement Balladur pour établir un "Smic jeunes", soit un salaire minimum au rabais, déclenche une vague de contestation sur tout le territoire, menée principalement par des -étudiant-e-s de BTS et d'IUT. Lors du printemps 2006 - alors que l'on retrouve une partie des mêmes responsables au pouvoir -, les étudiant-e-s, puis les salarié-e-s [1], s'opposent de nouveau au démantèlement du droit du travail, à la diffusion généralisée de la précarité de l'emploi, en refusant l'instauration du contrat première embauche (CPE) et d'autres dispositions contenues dans la loi dite pour l'égalité des chances (LEC). Retour sur la chronologie des événements Le CPE est un nouveau contrat de travail à destination des moins de 26 ans, prévu par l'article 8 de la LEC publiée au journal officiel le 2 avril 2006. Il autorise l'employeur-euse à licencier sans motif et avec des indemnités très réduites le jeune salarié-e durant deux années, considérées comme une période d'essai. L'accès au contrat à durée indéterminée ne devient possible qu'après deux ans. La création du CPE est annoncée le 16 janvier 2006 par le Premier ministre, Dominique de Villepin. Le dispositif est adopté par l'Assemblée nationale dans la nuit du 8 au 9 février 2006, le lendemain d'une première manifestation nationale. Mais il reste encore 27 articles du projet de loi sur l'égalité des chances à examiner et surtout quelque 370 amendements déposés quelques jours auparavant par les partis d'opposition. Dominique de Villepin engage alors la responsabilité du gouvernement sur le reste du texte afin d'obtenir un vote bloqué, sans discussion, conformément à l'article 49-3 de la Constitution. A peine quelques mois après la fin de l'état d'urgence instauré en novembre 2005 par le gouvernement comme réponse aux émeutes urbaines, le Premier ministre choisit donc de passer de nouveau en force, sans consultation des syndicats de salarié-e-s et d'étudiant-e-s, alors même que la nouvelle loi vise à remodeler en partie la condition salariale. A la connaissance de ce nouveau projet de contrat destiné aux jeunes salarié-e-s qu'est le CPE, les syndicats lancent un préavis de grève pour le 7 février 2006. Ce jour-là, des manifestations se déroulent dans toute la France et les lycéen-ne-s y sont particulièrement présent-e-s. La mobilisation démarre dans quelques universités. Le CPE et la LEC déclenchent une opposition massive de la jeunesse étudiante (particulièrement dans les filières de sciences humaines et sociales) et lycéenne en France: du 7 au 14 février, les universités de Rennes 2 (7 février), Toulouse (9 février) et Nantes (14 février) et la faculté de lettres de Brest votent la grève et le blocage, ainsi que l'occupation des sites. La lutte prend véritablement toute son ampleur début mars et passe par le blocage partiel ou total des sites universitaires et des lycées. Au total, une soixantaine d'universités (sur 84) sont complètement paralysées pendant des périodes allant de une à neuf semaines. Plus de 600 lycées connaissent des mouvements qui vont du débrayage de cours au blocage total. Occupée durant vingt-quatre heures, la Sorbonne est fermée par le gouvernement(...) -
Retour sur la chronologie des événements De
plus amples extraits seront publiés dans notre
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juin 2007 (format PDF).
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