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Le rêve bleu des mineurs tanzaniens
Deuxième partie Risquer la vie pour une poignée de shillings


Un grand reportage de Fabien Grasser - Photos de Isabelle Cridlig

Jeudi 11 octobre 2007


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Risquer la vie pour une poignée de shillings

La ruée vers "l'or bleu" tanzanien a débuté en 1967. La légende dit que c'est un gardien de troupeau qui découvrit par hasard la première zoïsite bleue, nom scientifique de la gemme. Deux ans après, le joaillier new-yorkais Tiffany la baptisait tanzanite. La jet set américaine en est très friande puisqu'elle absorbe à elle seule 70% de la production. Le prix de la tanzanite polie varie de 500 à 2000 dollars le carat, ce qui en fait la pierre la plus chère après le diamant.

A Mererani, les achats sont le quasi-monopole des Masaïs. Ils circulent en moto entre les concessions ou font affaire sur un petit marché improvisé. Vêtus de leur costume traditionnel, ils négocient implacablement les cailloux bruts, avant de les revendre auprès des négociants d'Arusha.

"Moi aussi je suis Masaï", dit Lucas en marquant une pause, certain de l'effet de surprise produit par sa révélation, tant son style vestimentaire et son mode de vie semblent éloignés de ceux des fiers guerriers de la steppe tanzanienne. "Je suis un Masaï des villes", précise-t-il, expliquant qu'il ne se reconnaît pas dans le mode de vie ancestral de ses semblables, auxquels il reproche l'arrogance et la façon dont ils se complaisent dans un rôle de curiosité touristique.

La deuxième exploitation minière de Lucas est d'un aspect plus élaboré: des bâtiments en dur, des machines-outils de toutes sortes et deux puits, l'un pour le personnel, l'autre pour remonter les gravats d'extraction. Au centre de la concession, les ouvriers lézardent sur un monticule de sacs soigneusement empilés, profitant de l'été austral naissant.

Lucas ne relève même plus l'apathie de ses ouvriers. Il ouvre l'un des sacs dont il tire une poignée de graphite qu'il laisse filer entre ses doigts. Le graphite est omniprésent à Mererani: il donne un aspect à la fois grisâtre et luisant au paysage de terrils, il colle à la peau des mineurs, il recouvre les pistes et les véhicules.

Le graphite de Mererani est d'une pureté et d'une dureté exceptionnelles. Il emprisonne littéralement la tanzanite à des profondeurs qui peuvent atteindre 400 m. Pour en venir à bout, les mineurs usent de la dynamite(...)

Nous publions des extraits de cet article en quatre parties. L'intégralité de l'article est déjà disponible dans l'espace abonnés et au format PDF au moyen du service AlloPass (1,50 euros par SMS). En voici le sommaire:

- Une pierre précieuse des plus convoitées
- Risquer la vie pour une poignée de shillings
- L'appétit vorace d'une multinationale sud-africaine
- "C'est notre seul espoir"

Lire des extraits de la troisième partie: "L'appétit vorace d'une multinationale sud-africaine"



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