dans l'espace abonnés et au format PDF au moyen du service AlloPass (1,50 euros par SMS). L'appétit vorace d'une multinationale sud-africaine A peine sorti de l'enclos de sa deuxième concession, Lucas stoppe son 4X4 à côté d'un groupe de mineurs. Une discussion en swahili s'engage. Les hommes lui demandent de l'argent car ils n'ont pas mangé depuis deux jours, traduit le patron. Bon prince, il leur glisse quelques billets. "Ils ne travaillent pas pour moi, mais pour un ami. Il est normal de s'entraider", se félicite-t-il. Lucas raconte que l'entente entre petits propriétaires est généralement bonne, la plupart des conflits intervenant lorsqu'une galerie empiète sur une concession voisine: "Une commission tranche le litige. Le fautif doit alors reculer de 15 mètres et creuser dans une autre direction". Les choses, pourtant, ne finissent pas toujours aussi amicalement. Surtout quand le concurrent ne joue pas dans la même catégorie que vous! Pour mieux comprendre, il faut revenir à 1990. Face à la multiplication du nombre de prospecteurs et à l'anarchie qui régnait, les autorités minières organisèrent Mererani en quatre "blocs": A, B, C et D. En 1992, le "bloc C" fut entièrement concédé à Tanzanite One. L'actionnaire majoritaire de cette firme, officiellement enregistrée aux Bermudes, est Afgem, une société sud-africaine également active dans les mines de diamants. A Mererani, Tanzanite One fait les choses en grand. Et avec précaution. Le site est entouré d'une clôture chapeautée de barbelé. Au centre, trône un chevalement autour duquel, en permanence, un bulldozer dégage et trie des centaines de tonnes de gravats. Avec leurs moyens industriels, les Sud-africains assurent 40% de la production de tanzanite et réalisent des millions de dollars de bénéfices. Tanzanite One est aussi la seule entreprise à Mererani possédant une usine de traitement du graphite. L'arrivée de la société sud-africaine est à l'origine de conflits permanents, les petits mineurs accusant la multinationale de vouloir les évincer(...) Nous publions des extraits de cet article en quatre parties. L'intégralité de l'article est déjà disponible dans l'espace abonnés et au format PDF au moyen du service AlloPass (1,50 euros par SMS). En voici le sommaire: -
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