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Tsunami
et déchets toxiques
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Un fût de déchets toxiques
percé, déplacé sur une plage
somalienne par le tsunami. Son contenu a
été dispersé dans
l'environnement.
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Le
23 février 2003 nous publiions une longue
enquête
qui attirait l'attention sur un énorme trafic de
déchets toxiques. Ces déchets, dans
certains cas hautement radioactifs, d'origine
américaine et européenne, etaient
exportés d'une façon complètement
illégale dans des pays du tiers-monde. A travers
un long travail d'investigation, trois journalistes
italiens, Barbara Carazzolo, Alberto Chiara et Luciano
Scalettari étaient arrivés à identifier
le principal réseau qui s'employait à
exporter, clandestinement, des quantités
impressionnantes de matières dangereuses dans
différents pays du tiers-monde.
La
Somalie était une destination
privilégiée. Ici, on peut estimer qu'environ
10 millions de tonnes de déchets toxiques ont
été balancées en mer ou bien ensevelies
sous terre. Le réseau criminel qui s'occupait de
ce trafic immonde a pu dégager des
bénéfices impressionnants. Pour le traitement
des matières toxiques, le prix en Europe, tout comme
aux Etats-Unis, est fixé à environ 1.000
dollars par tonne. Par contre, le largage des mêmes
déchets tout au long des côtes somaliennes ne
coûtait pas plus que 8 dollars par tonne aux
marchands de morts qui s'étaient
spécialisés dans ce commerce autant lucratif
que dévastateur.
Le 22
février 2005, l'UNEP, l'agence de l'ONU pour
l'environnement, a publié un premier rapport relatant
les effets catastrophiques du tsunami. La vague
gigantesque a aussi touché une partie des côtes
orientales de l'Afrique. Dans son rapport, l'UNEP explique
que plusieurs fûts toxiques, qui avaient
été déchargés le long des
côtes somaliennes, ont ainsi été
déplacés par le séisme marin.
"Nous
savons que les ondes produites par le tsunami ont
détruit les fûts qui contenaient les
déchets toxiques et ont dispersé leur
contenu. Nous savons aussi que ces matières ont
été éparpillées sur le
territoire. Mais ce que nous ignorons, c'est la
véritable étendue du problème", a
déclaré au Times de Londres, Nick
Nuttal, le porte-parole de l'UNEP. En effet, plusieurs
fûts n'ont pas résisté à la
pression du séisme libérant ainsi dans la
nature leur contenu mortel: uranium, cadmium, mercure,
ainsi que des déchets provenant d'hôpitaux et
d'industries pharmaceutiques sont désormais
dispersés dans l'environnement. Avec des
conséquences catastrophiques
évidentes.
Les zones
les plus touchées sont: Hobyo e Warsheik, deux
ports de moindre importance situés au Nord de
Mogadiscio. Le rapport de l'UNEP révèle que
des maladies atypiques ont déjà fait leur
apparition: maladies insolites, infections respiratoires
aiguës, problèmes dermatologiques
et,
malheureusement, nous ne sommes qu'aux premiers
symptômes.
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