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Tsunami et déchets toxiques

Jeudi 24 mars 2005


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Un fût de déchets toxiques percé, déplacé sur une plage somalienne par le tsunami. Son contenu a été dispersé dans l'environnement.
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Le 23 février 2003 nous publiions une longue enquête qui attirait l'attention sur un énorme trafic de déchets toxiques. Ces déchets, dans certains cas hautement radioactifs, d'origine américaine et européenne, etaient exportés d'une façon complètement illégale dans des pays du tiers-monde. A travers un long travail d'investigation, trois journalistes italiens, Barbara Carazzolo, Alberto Chiara et Luciano Scalettari étaient arrivés à identifier le principal réseau qui s'employait à exporter, clandestinement, des quantités impressionnantes de matières dangereuses dans différents pays du tiers-monde.

La Somalie était une destination privilégiée. Ici, on peut estimer qu'environ 10 millions de tonnes de déchets toxiques ont été balancées en mer ou bien ensevelies sous terre. Le réseau criminel qui s'occupait de ce trafic immonde a pu dégager des bénéfices impressionnants. Pour le traitement des matières toxiques, le prix en Europe, tout comme aux Etats-Unis, est fixé à environ 1.000 dollars par tonne. Par contre, le largage des mêmes déchets tout au long des côtes somaliennes ne coûtait pas plus que 8 dollars par tonne aux marchands de morts qui s'étaient spécialisés dans ce commerce autant lucratif que dévastateur.

Le 22 février 2005, l'UNEP, l'agence de l'ONU pour l'environnement, a publié un premier rapport relatant les effets catastrophiques du tsunami. La vague gigantesque a aussi touché une partie des côtes orientales de l'Afrique. Dans son rapport, l'UNEP explique que plusieurs fûts toxiques, qui avaient été déchargés le long des côtes somaliennes, ont ainsi été déplacés par le séisme marin.

"Nous savons que les ondes produites par le tsunami ont détruit les fûts qui contenaient les déchets toxiques et ont dispersé leur contenu. Nous savons aussi que ces matières ont été éparpillées sur le territoire. Mais ce que nous ignorons, c'est la véritable étendue du problème", a déclaré au Times de Londres, Nick Nuttal, le porte-parole de l'UNEP. En effet, plusieurs fûts n'ont pas résisté à la pression du séisme libérant ainsi dans la nature leur contenu mortel: uranium, cadmium, mercure, ainsi que des déchets provenant d'hôpitaux et d'industries pharmaceutiques sont désormais dispersés dans l'environnement. Avec des conséquences catastrophiques évidentes.

Les zones les plus touchées sont: Hobyo e Warsheik, deux ports de moindre importance situés au Nord de Mogadiscio. Le rapport de l'UNEP révèle que des maladies atypiques ont déjà fait leur apparition: maladies insolites, infections respiratoires aiguës, problèmes dermatologiques… et, malheureusement, nous ne sommes qu'aux premiers symptômes.

A lire toute notre enquête: "Trafic d'armes et de déchets toxiques à l'ombre du réseau 'Gladio Stay-behind'"



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