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Extrême droite: Le modèle italien


Par Guido Caldiron

Vendredi 14 janvier 2004




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Guido Caldiron étudie depuis plusieurs années l'extrême droite, et collabore avec les quotidiens Il Manifesto et Liberazione. Il a publié Gli Squadristi del 2000 (1993, manifestolibri) et, en France, il est parmi les auteurs de Négationnistes: les chiffonniers de l'histoire (1997, Syllepse/Golias). Le texte que nous publions est extrait de Lessico postfascista (©2002 manifestolibri)

Pour bien comprendre pourquoi, au niveau international, la droite voit l'Italie comme un possible modèle, il faut considérer une donnée devenue désormais historique: le fait que la formation du premier gouvernement Berlusconi, en 1994, a assigné à notre pays une primauté bien peu flatteuse. Il s'agit du premier gouvernement européen, depuis 1945, dans lequel étaient présentes des formations d'extrême droite. C'est en Italie que, pour la première fois, a été violé le "tabou" anti-fasciste, rendant possible l'accession au pouvoir des héritiers politiques du régime fasciste et de la république de Salò.

"Je crois que ce qui s'est passé dans votre pays, l'entrée d'un parti neo-fasciste dans le gouvernement, pourrait malheureusement être imité ailleurs en Europe" - expliquait l'historien belge Jos Vander Velpen au lendemain de l'entrée d'Alleanza nazionale (Alliance nationale, AN) dans le premier gouvernement dirigé par le Cavaliere. "Le résultat des dernières élections italiennen n'aura pas que des conséquences intérieures, mais il en aura aussi pour le reste de l'Europe. En particulier, la victoire du MSI/AN a été considérée comme celle de toute l'extrême droite européenne (le MSI, Mouvement social italien, parti néo-fasciste fondé en 1946 principalement par des rescapés de la République de Salò, se transformera lors de son XVIIe congrès, en janvier 1995, en Alleanza nazionale, un parti conservateur officiellement rallié aux institutions et aux valeurs de la République. NDLR). Du moment qu'on dit que le MSI est devenu un parti démocratique, pourquoi ne pas dire, demain, la même chose de tous les autres partis de l'extrême droite européenne?" (...)

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