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Le
secrétaire d'Etat adjoint américain, Strobe
Talbott, venait tout juste de quitter Erevan pour se
rendre à Moscou, quand vers 17 heures un commando
de cinq hommes armés a fait irruption dans le
parlement arménien. "C'est un coup d'Etat,
enfin vous payerez pour toutes le souffrances du peuple" ont
hurlé les assaillants. L'attaque s'est
déroulée "en direct", sous les caméras
d'une équipe de la télévision
"Armenia", qui était en train de filmer une
séance de questions parlementaires.
Le commando, a agi "en famille". Leur chef, Naouri Hounanian, accompagné par son frère et par son oncle, s'est approché au Premier ministre Vazguen Sarkissian en criant "Tu a fini de sucer notre sang!" "Tout a été fait pour toi et pour le futur de tes enfants" lui aurait répondu Sarkissian avant de tomber sous les balles de Hounanian. Tout de suite après, une rafale de kalashnikof devait blesser mortellement le président du parlement Karen Demirtchian. Le ministre Leonard Petrossian et les vice-présidents du parlement, Iouri Bakhchian et Rouben Miroian, ainsi que les deputés Mikhaïl Kotanian et Guenrikh Abramian ont également été fauchés par les balles des la "famille Hounanian". Quelles étaient les motivations du commando? Naouri, le leader du groupe, est âgé de trente-quatre ans, il est journaliste et disposait d'une accréditation auprès du parlement. Il avait milité au sein de la fédération révolutionnaire du "Dashnak" et était connu pour ses positions ultranationalistes. Par contre, le gouvernement arménien, bien que composé par des nationalistes comme le Premier ministre assassiné, était plutôt enclin à trouver une solution négociée à propos de l'épineuse "question du Karabakh", enclave à majorité arménienne, située en Azerbaïdjan. Le conflit pour le contrôle de ce territoire, qui démarra sous forme de guerre civile en 1988, a déjà coûté la vie à 35 mille personnes. Depuis 1994 l'Arménie s'était assuré le contrôle de la région. Pendant sa visite, le représentant américain, Strobe Talbott s'était entretenu avec le Premier ministre et aussi avec son "recent" rival, le président arménien Robert Kotcharian, afin de préparer la réunion qui devait se tenir aujourd'hui à Moscou devant les représentants français et russes. Cette réunion devait mettre au point un projet de solution négociée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, en vue du sommet de l'Osce prévu pour novembre à Istanbul... Etrange lieu de rencontre, quand on sait que la Turquie appuie l'Azerbaïdjan... Il est intéressant de remarquer que c'est grâce à la médiation du président arménien Kotcharian, fervent opposé à toute négociation concernant le Karabakh, que le commando "Hounanian" devait, après une nuit de tractations, se rendre à la police et libérer les 41 otages retenus dans les parlement. "Ils existent des forces en Arménie qui ne veulent pas la paix" était le premier commentaire qui devait se propager, dès mercredi soir, dans l'entourage presidéntiel en Azerbaïdjan... Evadons-nous!
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