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Depuis
Pékin, où il a obtenu le soutien
inconditionnel du président chinois Jiang Zemin
concernant l'invasion de la Tchétchénie,
Boris Eltsine a levé le ton. "Clinton s'est
permis de se mêler de nos affaires, mais qu'il
n'oublie pas ce qu'est la Russie, qu'il n'oublie pas que
c'est une grande puissance, qu'il n'oublie pas que nous
avons encore des armes nucléaires..." et
voilà, sans doute la plus lourde menace publique
proférée en cette fin de
siècle...
Malgré les tardives condamnations en provenance d'Europe (le Conseil européen qui se réunit ce week-end à Helsinki devrait... commencer à envisager des sanctions économiques contre Moscou), l'armée russe poursuit inlassablement ses bombardements sur la Tchétchénie. Or, entre-temps, depuis les Etats-Unis, King Bill devait modérer le ton en s'exprimant hier au cours d'une conférence de presse relative aux accords de paix entre la Syrie et Israël. Le président US, tout en continuant à critiquer l'offensive russe car "elle punit la population civile" a déclaré qu'il n'avait "aucune sympathie" pour les rebelles tchétchènes... Selon certains observateurs, l'intervention de Clinton est apparue bien moins sévère que ses précédentes déclarations ("Eltsine va le payer très cher" avait affirmé le président américain après l'ultimatum lancé par Moscou à la population de Grozny) et surtout bien moins sévère que la réaction européenne. Il faut dire qu'en ce moment précis, le Conseil de sécurité de l'Onu vient de commencer d'examiner une nouvelle résolution contre... l'Irak! Cette proposition concernant un nouveau régime de contrôle sur l'armement de Saddam, est formellement présentée par la Grande Bretagne et les Pays-Bas... mais chaudement inspirée par Washington. La Russie a déjà fait connaître son désaccord et menace de s'abstenir sauf... si la Maison Blanche accepte de modérer ses prises de position concernant l'invasion en Tchétchénie! Un "régulier" droit d'invasion est-il en train de se marchander à l'ONU? Evadons-nous!
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