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Newsport,
mercredi 10 novembre 1999
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Comme
nous le rapportions, dès notre
édition du 6 octobre,
il était difficile pour le grand patron du FMI de
sortir indemne du Russiagate. Après treize ans de
pouvoir sur "la plus exceptionnelle bureaucratie du
monde" le général en chef de la police
financière planétaire a dû
démissionner. Il avait été
élu pendant trois mandat successifs à la
tête du FMI. Et cela se produisait quand, à
la présidence du plus grand actionnaire du Fonds,
siégeait Reagan, puis Bush et puis encore
Clinton. Washington avait une confiance absolue en cet
énarque français. Michel Camdessus
était devenu l'homme qui incarnait l'ordre
économique mondial voulu par la Maison Blanche:
"stabilité des monnaies, liberté de la
circulation des capitaux et... des bilans impeccables"...
Seulement voilà que, depuis la crise russe de
1988, la politique du FMI semble être perturbée
par un véritable séisme.
Le
premier objectif du Fonds était celui
d'éviter que le virus russe s'exporte en
Amérique latine. Et pour ce faire des
milliards de dollars seront jetés au Brésil
afin que le pays ne dévalue pas (c'est le prix
à payer pour conserver la parité de la monnaie
nationale avec le dollar...) Pourtant, après avoir
empoché le prêt, Brasilia dévalue
et utilise les fonds pour défendre son change:
Malgré les prévisions du FMI, son
économie progresse, au contraire de ce qui se passe
en Argentine dont l'économie reste soumise au
dollar...
La
même chose se produit en Asie. Si la Corée
du Sud et la Thaïlande, qui acceptent le diktat de
l'orthodoxie économique mondiale, améliorent
leur résultats économiques, la Malaisie les
améliore elle aussi en refusant la politique du
FMI... et le Japon prend de plus en plus de distances
avec cette institution accusée d'être le bras
financier de la Maison Blanche... En abandonnant un poste
qui vaut un salaire de 224 mille dollars non imposables,
Michel Camdessus rend une dernière faveur à
Washington... Il "offre sa tête" afin que le
Russiagate ne devienne pas le spectre qui hante la course
à la présidence des United States of
America.
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