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Lord
Russell-Johnston devait avoir l'air bien ridicule. A la
tête d'une délégation du Conseil de
l'Europe, il s'était poussé hier, jusque dans
le lointain Caucase pour demander à Moscou un
énième cessez-le-feu.
Comme toute réponse, le régime Poutine a déclenché le plus terrifiant bombardement que Grozny ait jamais connu. Sans se soucier le moins du monde du sort des milliers de civils, pris au piège de l'offensive russe, les stratèges du Kremlin ont ordonné, dans la nuit de lundi à mardi, de pilonner la ville avec toute la "force de feu" disponible. En moins de 24 heures, l'aviation de Moscou a effectué plus de 150 raids aériens. Des tonnes de bombes ont été déchargées sur la Tchétchénie. Deux tiers avaient comme objectif la capitale. Appuyées par un pilonnage ininterrompu d'artillerie lourde, les troupes du ministère de l'intérieur russe, épaulées par les miliciens du chef tchétchène renégat Gantamirov, ont réussi, dans la matinée d'hier, à pénétrer jusqu'au centre de la ville. Des colonnes de blindés fédérales ont forcé les défenses tchétchènes sur trois fronts. Des combats d'une extrême violence ont eu lieu pour le contrôle du pont Zhukovskij sur la rivière Sounja, qui traverse la ville. Ce matin les Russes contrôleraient les deux côtés du pont. En plein centre ville, à côté de la place Minoutka, les troupes des Moscou ont rencontré une résistance impressionnante. Pour avancer il leur a fallu conquérir maison après maison. Les morts se compteraient par centaines. Selon des sources tchétchènes, qui confirment la percée russe, l'armée de Moscou aurait perdu, dans la seule journée d'hier, au moins 200 soldats... Quant aux victimes civiles... personnes semble être intéressé à les prendre en compte. Poutine a besoin d'une victoire. Même partielle, mais rapide. Avant les élections présidentielles anticipées du 26 mars, où l'ancien sbire du Kgb espère être plébiscité dès le premier tour... Poutine sait que la guerre ne se terminera pas vite. Comme l'affirmait hier l'ancien président Gorbatchov, "la situation pourrait être pire dans six mois" et le ministre de la défense tchétchène interrogé par le Washington Post, devait lui faire écho en déclarant "La période des combats stratégiques va se terminer; maintenant c'est la tactique de la guerre de partisans qui va être utilisée". En clair: les rebelles tchétchènes vont progressivement se replier dans leurs bases des montages du sud. C'est justement pour éviter l'enlisement et tenter de refermer le chapitre de cette nouvelle guerre, dont le seul but était électoral, que le nouveau Tzar a confié à l'homme d'affaires tchétchène renégat, Malik Saidoullaiev, la délicate mission de réunir en grand secret, aujourd'hui à Moscou, les principaux chefs de la rébellion tchétchène. Pourtant, selon l'agence Reuters qui reporte une dépêche de l'agence russe Itar-Tass, les discussions progresseraient" avec difficultés"... Evadons-nous!
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