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Massacre à Grozny et guerre de clans à Moscou

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Newsport, vendredi 22 octobre 1999


Hier, peu après 18 heures (heure locale), l'armée russe a bombardé massivement la capitale tchétchène. Une pluie de missiles s'est abattue sur Grozny. Trois engins, vraisemblablement des Scuds, ont ciblé le marché. D'autres obus ont détruit la maternité de l'hôpital. Combien de morts? Selon les estimations du gouvernement tchétchène le nombre de victimes s'élèverait à une centaine de personnes. La correspondante de l'agence Reuters, Maria Eismont, qui se trouvait à une cinquantaine de mètres du lieu des explosions a pu voir des cadavres arriver en continuation à la morgue. "Surtout des femmes et des enfants". Voici l'"exploit" de "l'opération antiterroriste" déclenchée par le pouvoir moscovite et qui a déjà provoqué l'exode d'environ 180 mille personnes.

Hier soir on apprenait également que le représentant du président tchétchène dans la capitale russe, Maïrbek Vatchagaïev, venait d'être arrêté.

A 15 kilomètres au nord de Grozny, à Tostoy Yurt, des combats opposent les avant-gardes des forces russe, sous le commandement du général Kazantsev, aux forces tchétchènes. L'armée russe se prépare-t-elle à donner l'assaut à la capitale de cette république séparatiste du Caucase? "Cela dépend de la situation concrète..." devait déclarer, sibyllin, le Premier russe Poutine... En vérité le pouvoir hésite. Derrière l'invasion de la Tchétchénie se cache "la guerre de succession" qui fait rage dans les couloirs du Kremlin. La semaine dernière, un des principaux lieutenants de tzar Boris avait affirmé que l'administration avait sa "propre position sur qui soutenir ou pas" (aux prochaines élections pour la conquête de la présidence de l'ex empire)... En refusant ainsi de confirmer le soutien du président Eltsine au Premier Poutine. En effet, le clan des oligarques agglutiné autour de Tzar Boris semble se demander si "l'héritier officiel" Poutine ne pourrait pas être tenté de "jouer en solo".

Poutine, dopé par les sondages depuis le déclenchement de la guerre en Tchétchénie, pourrait-il succomber au désir de lâcher "la famille présidentielle" corrodée par les scandales?... C'est peut être à cause de cette incertitude que "la famille" a invité hier "l'ennemi" Primakov au Kremlin. A sa sortie l'ancien Premier affirmait qu'"il ne souhaitait pas être associé à la politique conduite par l'entourage présidentiel..." Mais, au fait, faisait-il référence... au clan de tzar Boris, ou à son propre concurrent direct à la course pour le pouvoir, Vladimir Poutine?

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