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Moscou accuse la presse et demande la vengeance

Tout le dossier ex-Urss


Newsport, vendredi 17 décembre 1999


Déjà en 1994, un régiment de blindés russes avait été complètement anéanti, pendant qu'il essayait d'entrer à Grozny. Mille cinq cents soldats russes trouvèrent alors la mort dans la bataille de la gare. C'était le début de la guerre de Tchétchénie. Elle dura deux ans et se conclut avec la défaite de la puissante armée de l'ex-empire.

Le piège dans lequel est tombée mercredi nuit une colonne de blindés russe en plein centre de Grozny rappelle ces mêmes circonstances... et pourrait faire vaciller le moral du peuple russe, appelé aux urnes dimanche pour le renouvellement de la Douma.

Le nationalisme patriotique de l'ex-officier du Kgb Poutine, qui est aujourd'hui Premier ministre, en a sûrement pris un coup. D'ailleurs, les autorités moscovites se sont pressées pour nier le désastreux destin de leur colonne de chars. Au Kremlin, les agences de presse internationales sont clairement accusées d'être à la solde de non mieux précisés "services secrets étrangers". Mais de plus en plus d'organes d'informations russes, à commencer par la radio Ekho Moskvy, commencent à relater des témoignages de soldats, qui sous couvert de l'anonymat, confirment la sanglante défaite subie par leur armée dans les rues de la capitale tchétchène. Même l'agence Interfax devait admettre, quoi que très partiellement, la vérité des faits rapportés par la journaliste de Reuters. L'agence de presse russe diffusait hier l'information qu'il y aurait eu 25 soldats russes parmi les morts et les blessés dans les affrontements de mercredi nuit... tandis que les correspondants de Reuters et de l'Associated Press affirment avoir vu et compté entre 100 et 150 cadavres habillés avec l'uniforme des forces gouvernementales de Moscou. Pourtant, l'oligarchie du Kremlin s'obstine à tout nier. "Cette information est une provocation. Nous devons établir qui s'est employé à la diffuser", devait affirmer avec des tons menaçants le ministre de la défense Igor Sergeev. Et au chef d'Etat major adjoint Manilov de surenchérir en déclarant "il s'agit là d'une véritable oeuvre de désinformation, clairement diffusée par des sources des bandits et des terroristes".

Pendant ce temps, le Premier Poutine, qui passait sur le petit écran habillé en judoka, s'efforçait de rassurer ses électeurs en évoquant "il s'agit d'une bêtise. C'est une provocation". Poutine s'efforce de revêtir l'image du héro de la revanche... et le fait que, selon des sources de l'armée russe, leurs troupes auraient déjà perdu plus de 400 hommes depuis le début de l'invasion, ne semble guère effleurer aucun sentiment d'émotion dans les yeux bleu froid de l'ex-chef du Kgb, qui se voit déjà le nouveau tzar de toutes les Russies...

Une pluie de bombes russes a recommencé à s'abattre sur Grozny.

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