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Mardi,
7 septembre, se réunissait à Moscou le conseil
de sécurité russe sous la
présidence du nouveau premier ministre Poutine. Bien
secoué par les récents scandales, Tzar Boris
avait déjà fait savoir qu'il ne sera pas au
rendez-vous. Dans le palais moscovite, le bruit court que
Poutine s'apprêterait à déclarer
l'état d'urgence au Daghestan (seulement?...). A
la Douma, l'inquiétude a envahi les couloirs.
Certains députés craignent que cette mesure
exceptionnelle puisse être appliqué
bientôt à d'autres "terres russes". "Ça
serait inacceptable" déclarait récemment le
président de la chambre basse Selezniov. Et
pourtant, la question que tout le monde se pose est de
savoir qui va être le "vrai" gagnant de cette nouvelle
guerre qui, vraisemblablement, va se poursuivre pendant
toute la campagne électorale russe, jusqu'aux
nouvelles élections présidentielles
fixées pour juin 2000. Personne n'ignore à
Moscou que, dans différents centres du pouvoir, il
existent des intérêts qui ont "besoin de
désordre". Il serait aussi naïf d'ignorer
que, avec tout le pétrole que cachent les
montagnes du Caucase, les intérêts du conflit
puissent s'arrêter aux frontières de
l'ex-empire soviétique.
Où vont passer les futurs oléoducs pour amener le pétrole en Europe? Vont-ils traverser la Russie ou vont-ils transiter plutôt par la Turquie et la Géorgie? Théoriquement la construction d'une pipeline qui transporterait l'or noir depuis la mer Caspienne jusqu'à la Méditerranée en passant par les montagnes du Caucase serait le projet le moins onéreux. Mais, force est de constater que le Département de l'énergie américain s'est toujours opposé à un tel projet, en invoquant "des raison de sécurité"... Or, depuis le début du conflit, le 5 août, qui peut encore s'opposer à un tel argument? Au Département de l'énergie US on se frotte les mains. Fervent partisan d'un tracé qui privilégie la Turquie et la Géorgie, l'institution américaine, avait du fil à retordre, jusqu'à hier, surtout face à l'insistance de certaines multinationales du pétrole qui faisaient remarquer l'énorme différence de prix entre les projets concurrents. Mais voilà que cette nouvelle guerre semble avoir tranché le débat. Plus personne ne peut encore imaginer, aujourd'hui, de faire transiter le précieux or noir à travers une région dévastée par un conflit qui est en train de devenir endémique... Il suffit de jeter un regard sur la Tchétchénie voisine pour comprendre. Trois ans après la guerre contre Moscou, le pays est sous le contrôle de différentes bandes armées qui sont, à leur tour, sponsorisées par les services secrets turcs, par les pétrodollars saoudiens, et même par des fonds noirs en provenance de certains banquiers moscovites... La guerre au Caucase? Quel business d'enfer! Evadons-nous!
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