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Russie: le KGB est au pouvoir

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Newsport, mardi 28 mars 2000


L'ancien flic du KGB, Vladimir Poutine, est devenu le nouveau Tzar.

"Je suis l'anti-Gorbatchev!" avait-il fièrement déclaré à un officiel de la Communauté Européenne, avant d'expliquer que sa conception de la Russie était celle... de l'ancienne URSS: ramener les pays limitrophes à réintégrer la zone d'influence de l'ex-empire.

Au moment de sa nomination à la place de dauphin officiel de Boris Eltsine, Poutine, l'homme de l'ombre, ne pouvait compter que sur 2% d'opinions favorables. Il lui fallait donc un argument pour affirmer son "patriotisme romantique". C'était son seul slogan dans une campagne électorale qu'il souhaitait sans concurrence. La guerre coloniale en Tchétchénie, dont les raisons du déclenchement restent, pour le moins, obscures dans sa genèse, était un bon argument visant à imposer "l'homme fort", le candidat unique. C'est ainsi que le nouveau Tzar, encore par intérim, a pu réaliser son premier bond en avant dans les sondages... en déclarant "qu'il poursuivrait les terroristes tchétchènes jusque dans les chiottes!" Preuve qu'un slogan sanguinaire et vulgaire vaut bien plus qu'un raisonnement dans la philosophie de l'ancien flic, aujourd'hui maître du Kremlin. Et c'est ainsi qu'en décembre, le parti national-populiste baptisé "Unité", créé à la va-vite de toutes pièces, lui a permis de se placer à la deuxième place dans les élections législatives, juste derrière le nostalgique du social-imperialisme Ziouganov.

Ce que Poutine a affirmé, il l'a ensuite réalisé. Il est arrivé à transformer une guerre coloniale barbare et "préhistorique" en un "détail" vis à vis des alliés occidentaux dont le droit d'ingérence semble s'être enlisé entre Bagdad et Pristina. Quelque mois à peine après "Balkan Storm" l'armada occidentale, par la voix de ses hommes politiques européens espérait, au sommet de Lisbonne, que "la Russie, enfin libérée de ses pressions électorales puisse prêter attention aux préoccupations de la communauté internationale..."

Comme pour la sanglante répression de la place Tienanmen en Chine, ainsi en est-il pour les crimes contre l'humanité accomplis en Tchétchénie... L'Occident feignant de ne pas voir les criminels qui vivent couverts par un parapluie nucléaire et qui proposent des marchés, sauvagement liberaux... en parfaite harmonie avec la doctrine de Wall Street...

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