|
|
Newsport,
lundi 3 janvier 2000
|
Il
ne voulait pas partir. Ce n'était pas la
première fois que l'entourage de Boris Eltsine
essayait de "démissionner" le maître qui
régnait, ivre et malade, sur l'ex-empire. Cette
fois-ci ils y sont arrivés. Selon des
indiscrétions qui circulaient à Moscou depuis
le 27 décembre, Boris Bérézovskij,
le financier de l'ombre, appuyé par la fille
d'Eltsine, Tatiana, et par le chef de l'administration
présidentielle, Voloshine, ont réussi, en
s'appuyant sur les avis des médecins, à
licencier le Tzar Boris. En échange des
démissions, l'ex président a reçu
l'assurance de la totale impunité sur ses
agissements, ainsi que sur ceux de sa famille... En
Suisse, où les autorités enquêtent sur
le scandale du "Russiagate", une dizaine de comptes,
approvisionnés par environ 15 millions de dollars et
directement liés à Eltsine, auraient
été gelés, selon des
révélations publiées par
Newsweek.
Hier,
à Moscou, le nouveau président par
intérim, Poutine, a passé la journée
en enchaînant des "rencontres de travail". Le nouvel
homme fort a choisi de laisser s'exprimer Igor
Shabdrassoulov, le premier vice président de
l'administration présidentielle, qui devait
déclarer triomphant: "Les adversaires de Poutine
n'ont aucune chance..." La "famille" du Kremlin se comporte
d'ores et déjà, comme si la prochaine campagne
électorale était déjà
gagnée d'avance... comme si les prochaines
échéances électorales étaient
déjà caduques. "Poutine a offert toutes les
garanties possibles (a "la famille" ndlr) il a tout de suite
réuni le conseil de sécurité et a
confirmé la poursuite de la politique engagée.
Donc le régime ne change pas, il n'y aura pas de
lutte contre la corruption. Les intérêts et les
privilèges de l'oligarchie seront toujours
sauvegardés," voici le commentaire à chaud de
Michael Gorbatchov, qui s'était exilé à
Paris pour fêter la saint-Sylvestre en regardant
tourner les grandes roues des
Champs-Elysées.
|
|