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Mais,
où est passé le tzar Boris? Le chef de
l'Etat est absent. Il n'a fait aucune apparition
à la télévision et serait interdit de
sortie par ses médecins... Etrange attitude de
la part du chef des armées au moment où
l'ex-armée rouge s'engage dans une nouvelle croisade
en Tchétchénie.
"Nous allons buter les terroristes même dans les chiottes s'ils s'y cachent!" Le style est l'homme et, vendredi dernier, le Premier ministre Poutine annonçait "fièrement" que l'invasion venait de commencer. L'infanterie de l'ex-armée rouge, appuyée par environ mille véhicules blindés, s'était avancée, dans la nuit de jeudi, de plus de 15 km au-delà de la frontière tchétchène. A Moscou, le candidat officiel à l'"héritage", affirmait que la Russie ne reconnaissait plus le président Aslan Maskhadov (élu en 1996 dans des élections sous contrôle de l'OSCE) et ressuscitait le parlement fantoche pro-russe en exil, en lui conférant le titre de "seule autorité en territoire tchétchène". Au même moment, à Grozny, le Congrès du peuple, qui est une espèce de conseil de guerre des différents clans, se réunissait autour du président Maskhadov. "Nous nous battrons aussi sur le sol ennemi!" a affirmé le ministre de la défense Magomed Khambiev, "depuis le début de septembre les bombardements russes ont détruit 40 villages et tué plus de 400 personnes... maintenant chaque commandant a reçu des instructions sur des opérations à effectuer en territoire russe... S'ils nous obligent, nous saurons faire comprendre aux Russes ce que veut dire: être en guerre" menace Khambiev. Pourtant, l'union sacrée des chefs de guerre tchétchènes est loin d'être acquise. Récemment un envoyé spécial italien à Grozny affirmait que les journalistes étrangers hôtes du président Maskhadov étaient constamment encadrés par une impressionnante escorte armée. "Les hommes étaient plus nerveux dans les rues de la capitale qu'à la frontière avec l'Ingouchie". Il semblerait que le président Maskhadov avait très peur qu'une bande de guérilleros, quelque peu dissidents, ait imaginé de prendre en otage quelque précieux journaliste occidental pour le monnayer, ensuite, contre un belle rançon... "C'est Poutine le terroriste!" crient les réfugiés qui se pressent en Ingouchie, "c'est grâce à nous qu'il monte dans les sondages"... En effet, le nouveau Premier russe, qui ne dépassait pas, il y a deux semaines, les 3% d'opinions favorables, ne cesse de voir augmenter sa cote de popularité... et c'est la chaîne ORT, contrôlée par l'obscur Berezovski, qui se fait le caisson de résonance de la spectaculaire progression de popularité de Poutine... Moscou a peur. Qui gouverne, réellement, le pays? Les bruits d'une possible démission d'Eltsine se multiplient et 63% des Russes seraient favorables à une telle éventualité... et ensuite... l'inévitable corollaire: l'instauration de l'état d'urgence, l'annulation des échéances électorales et l'arrivée d'un homme fort... quel avenir! Evadons-nous!
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