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"Russiagate": Pourquoi Washington a balancé le clan Eltsine?

Tout le dossier ex-Urss


par Zeno

Newsport, vendredi 27 août 1999

Soudainement on découvre, à la une de la presse mondiale, qu'une manne de dollars, envoyés par le Fond Monétaire International à la Russie, au nom d'une aide à une économie de marché imaginaire (sic!) terminaient directement dans les poches de l'oligarchie moscovite.

Au moins 10 milliards de billets verts ont ainsi été gentiment offerts, à travers un système de blanchiment via le FMI et la Bank of New York, pour engraisser le clan de tzar Boris au Kremlin.

Peut-on vraiment croire que c'est uniquement grâce à la ténacité des magistrats, ou des "incorruptibles" sbires du FBI, ou des performants services d'investigation de la presse anglo-saxonne que le mur d'omerta (politique et judiciaire) qui couvrait la plus grosse distributions de bakchichs du siècle se soit soudainement écroulé? Peut-on vraiment croire que des investigateurs, qui jusqu'à hier étaient, dans la meilleure des hypothèses, des sourds et aveugles ont pu découvrir comme par miracle des immenses flux de capitaux russes qui transitaient par la banque suisse du Gothard, par la New York Bank de Manhattan et par le Fond Monétaire International? Peut-on être aussi naïf pour imaginer qu'une quantité de documents ultraconfidentiels se soient retrouvés, par un enchantement inexpliqué, dans les salles des rédactions d'Europe et d'Amérique sans que quelqu'un de très puissant n'ait donné son feu vert?

Allez, soyons un peu réalistes; il est clair que le "mystérieux informateur", la gorge profonde qui a permis la révélation de la super-porcherie ne peut être que la même personne, le même grand parrain qui avait intérêt, jusqu'a hier, à couvrir, si non à inciter, cette immense corruption. Et, il est évident que ce "quelqu'un" a son adresse à la Maison Blanche.

N'était-il pas Al Gore, le vice-président américain, le grand garant personnel de tzar Boris auprès de l'Occident? N'était-il pas le vice-président américain, et futur candidat à la Maison Blanche, l'homme qui avait imaginé le plan de financement destiné à la reconversion ultracapitaliste de l'ex-Union Soviétique? N'était-il pas Al Gore le principal garant du royaume alcoolique et malade de tzar Boris?

Pourquoi donc, soudainement, le vice-président américain a-t il décidé de "balancer" le clan moscovite dont il était le tuteur?

Une première explication est sans doute le récent licenciement du Premier ministre russe Sergueï Stépachine. Stépachine était en effet le protégé de Washington, où il avait été reçu en grande pompe à la Maison Blanche... par Al Gore en personne qui n'avait de cesse de le décrire comme un "partenaire exceptionnel"...

Une deuxième explication réside dans la future campagne présidentielle américaine... L'ambitieux Al Gore n'a-t-il eu peur que le nouveau Premier russe Poutine (qui n'est rien d'autre qu'un vulgaire flic tout juste sorti de la poubelle d'une nomenklatura moribonde) aurait pu le faire chanter en plein envol vers la Maison Blanche?

Et, dans le doute, il a préféré dégainer le premier.

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