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Au
sommet d'Istanbul, les 54 pays adhérents à
l'OSCE (organisation pour la sécurité et
la coopération en Europe), ont discuté
principalement sur le traité de désarmement
entre pays de l'Otan et de l'ex-pacte de Varsovie, et sur la
situation dans le Caucase.
Deux conflits principaux s'y déroulent, l'attaque russe en Tchétchénie et la guerre entre Arménie et Azerbaïdjan, qui se traîne depuis 12 ans et a déjà fait 35000 morts. La Russie est arrivée bien belliqueuse. Son aviation vient de bombarder deux villages en Géorgie et sa marine a testé en mer de Barents deux missiles balistiques, pendant qu'Anatolï Kornikov, le grand chef des forces nucléaires, a "cru bon" de rappeler que la Russie n'est ni l'Irak, ni la Yougoslavie (et qu'elle dispose d'une quantité "d'arguments nucléaires" en plus...). Boris Eltsine, arrivé jeudi 18/11 au sommet, a tout de suite "trouvé le temps long" et est reparti fâché le jour même, laissant à son ministre des affaires étrangères, Igor Ivanov, le soin de signer le traité sur le désarmement... un compromis minimaliste pour l'Occident. King Clinton ne s'est pas privé de critiquer sévèrement le tzar Boris. Le président US a en effet accusé son confrère d'être l'agresseur de la population tchétchène... en démontrant ainsi "une soudaine préoccupation" pour le droit des populations civiles à ne pas se faire bombarder... En marge des discussions sur la sécurité, au sommet de l'OSCE, deux accords stratégiques sur l'ouverture d'un corridor de transport eurasien ont été signés. La construction d'un oléoduc de 1600 km, de Bakou (Azerbaïdjan) à Ceyhan (port turc sur la Méditerranée) - voir notre édition du 01/11/99, et du gazoduc transcaspien, du Turkménistan à la Turquie, qui passera par l'Azerbaïdjan et la Géorgie... en excluant ainsi la Russie! Ils s'ajouteront aux oléoducs existants Bakou-Soupsa (port géorgien sur la Mer noire) et Bakou-Novorossisk (port russe sur la Mer noire). Le centre stratégique de l'énergie est en train de se déplacer lentement, du Golfe persique (où les pays producteurs ont verrouillé la production dans les mains de monopoles d'Etat) vers la région caspienne, et plus loin, l'Asie centrale. Des compagnies américaines, soutenues entre autres par la U.S. Trade and Development Agency (USTDA) ont investi et vont investir des milliards de dollars... un responsable du Département d'Etat parle de 50 milliards $ sur 10 ans (seulement pour l'extraction de pétrole, sans compter le transport), et elles ont tout intérêt à ce que la région soit stable et... pacifique! La Turquie se trouve être le pont de ce "corridor de l'énergie" qui convoie depuis les gisements caspiens et d'Asie centrale le pétrole vers la Méditerranée et... ce n'est pas un hasard que King Clinton ait déclaré que la façon dont ce pays saura définir son futur et son rôle, aura une grande influence sur le prochain siècle... Où le business sera toujours le business...
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