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Depuis
le 17 janvier, Pavel Borodine, l'ancien trésorier
de l'administration Eltsine se retrouve enfermé dans
le centre de détention de Brooklyn
(voir
notre édition du
22.01.2001).
Borodine, qui occupait sous le régime Poutine le
poste de secrétaire de l'Union
Russie-Biélorussie s'était envolé pour
New York afin d'assister à la cérémonie
d'investiture de George W. Bush, mais il avait hélas
oublié son passeport diplomatique à la maison.
Cette négligence risque de lui coûter bien
cher. En effet, l'ex-argentier de la famille du Tzar
Boris est poursuivi par la magistrature helvétique
qui l'accuse d'être l'un des architectes de la
gigantesque escroquerie internationale connue sous le nom de
"kremlingate".
Très bientôt, le 2 avril prochain, le juge du Eastern District de New York, Viktor Pohorelsky, doit se prononcer sur la demande d'extradition déposée par les autorités suisses. Selon nos informations, les chances de Pavel Borodine d'échapper aux poursuites du juge de Genève Daniel Devaud sont bien minces, disons même qu'elles sont carrément nulles. Au fil du temps, les preuves n'ont cessé de s'accumuler dans l'épais dossier d'accusation que détiennent les magistrats suisses. Ces derniers ont tout d'abord découvert que Borodine se servait pour ses activités de détournement de fonds d'un compte anonyme ouvert auprès de la Banque du Gottard de Lugano et dont le code est "Dean 182805" . Puis ils ont retrouvé les traces d'une étrange manipulation financière qui les a amenés tout droit dans la comptabilité de la société suisse Mercata Trading. Cette entreprise appartient à Viktor Stolpovskikh, un jeune homme d'affaires russe, qui avait fait fortune en s'associant au sulfureux brasseur d'argent Begjet Pacolli. Maintenant, les enquêteurs ont réussi à remonter jusqu'au compte n°1084402 de la banque Brussels Lambert. C'est là, qu'entre octobre 1995 et mars 1996 la société Mercata Trading a reçu plus de 37 millions de dollars. L'argent provenait de la banque Morgan Grenfell, domiciliée à Londres, qui se croyait garantie par des traites émises par la banque russe Vneshtorgbank. Ce modeste pactole servait, formellement, à financer le relookage d'un vieil avion Iliouchine 96, que le Tzar Boris voulait à tout prix faire ressembler au célèbre "Air Force One", l'avion officiel du président des Etats-Unis. Etrangement, Borodine ne confia pas la tâche à une entreprise spécialisée dans l'aéronautique, mais bel et bien à la Mercata Trading de Viktor Stolpovskikh, qui s'avère " être une société de construction en bâtiment! Mais qu'à cela ne tienne, l'entreprenant Borodine signa sans sourciller un généreux contrat de 37 millions de dollars avec Stolpovskikh, afin que ce dernier trouve le moyen d'exaucer les voeux du vieux Tzar Boris. Il en va de soi que pour honorer la commande, Stolpovskikh sous-traita la restructuration de l'avion à une entreprise spécialisée, en l'occurrence la société bâloise Jet Aviation. Celle-ci s'acquitta de la commande en présentant une facture de 12 millions 750.000 dollars... quant aux 25 millions de "surplus"... où peuvent-ils donc s'être envolés? Le juge genevois pense connaître aujourd'hui une partie de la réponse. Viktor Stolpovskikh empocha 10 millions de dollars, ensuite il envoya une autre tranche d'argent sur un mystérieux compte domicilié à la filiale des Bahamas de la Banque du Gottard, puis il arrosa avec quelques millions une amie très proche du sulfureux Pacolli, et, enfin, il vira le reste sur le compte de deux citoyens suisses, un certain Giovanni Carlo Mahler et un certain Agim Gjinali... Une chose est certaine. Si, comme c'est très probable, l'ex-argentier d'Eltsine devait être extradé en Suisse le mois prochain, beaucoup de beau monde sera soudainement tenté de quitter la vivifiante fraîcheur des Alpes helvètes pour s'exiler sous d'autres cieux plus cléments...
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