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Résister
au sécuritaire Un
livre coordonné par Hanna
Laville Lundi
18 décembre 2006 |
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Depuis
2002, les gouvernements de droite ont
intensifié les dynamiques
sécuritaires dans les quartiers populaires
au travers de différentes mesures:
transformations des modes d'intervention de la
police, édiction de lois répressives
par rapport aux populations socialement
fragilisées, contrôle renforcé
des associations par une gestion restrictive de
financements. A
lire aussi Comment se met en place dans une ville un poste avancé de la politique sécuritaire: l'exemple d'Orléans Nous sommes dans une ville moyenne, au sein d'une agglomération qui en double quasiment la population, ville qui connaît depuis plusieurs années un développement économique dynamique, ainsi qu'un rapide accroissement de sa population. A la fin de son second mandat (1995-2001), la municipalité de gauche est harcelée par l'opposition de droite sur les questions de sécurité, violemment accusée de négliger ces questions et de ne rien faire. La "montée dramatique" de l'insécurité est avancée, relayée et amplifiée par la presse. Chaque événement est monté en épingle, et la mairie toujours montrée du doigt. Le maire tente de montrer qu'il traite la question, sans toutefois arriver à convaincre en ce domaine. Dans l'esprit de beaucoup en effet, seule la droite est apte à régler le problème. Quand les élections municipales de 2001 arrivent, la gauche est dans la nasse, elle s'est laissée piéger. La droite a choisi son terrain, et ses armes: elle fait de l'insécurité le thème central de sa campagne Une liste unique de droite se présente, bénéficiant, de fait, des voix des électeurs du Front national, exceptionnellement absent de la compétition électorale. Alors qu'au deuxième tour, l'union de la gauche ne se réalise pas. Malgré ce que beaucoup reconnaissent comme un bon bilan, la gauche perd, sans avoir vu venir le coup Un projet politique. Dramatisation Pendant la campagne électorale, la droite accentue la dramatisation, dressant méthodiquement le tableau catastrophique d'une ville à la dérive (en comparaison de quoi ce qui viendra plus tard ne pourra bien sûr paraître que meilleur). Visions apocalyptiques inlassablement reprises, y compris après les élections : on parle de "flambée de violence", "de dégradation des quartiers", dans lesquels on vit "la peur au ventre", de "chaos dans les collèges et les lycées", "du centre-ville où tout dégénère" Excès de langage, surenchères verbales, emphase: tout est bon. On pousse des "cris d'alarme", on évoque "les 80 % de délinquance inconnue, la face immergée de l'iceberg" qui n'est pas prise en compte. Exacerbant le sentiment d'insécurité, on travaille sur la peur, dans le même temps où des policiers de la BAC déclarent: "Orléans reste une ville assez calme, même si la délinquance a nettement augmenté, comme partout ailleurs." (...) Jeu d'images. Stigmatisations Dans les glissements plus ou moins maîtrisés du langage, mais aussi par l'effet induit des mesures d'exclusion qui frappent certaines catégories de la population, des amalgames s'installent insidieusement. Ainsi les arrêtés, pris en 2001-2002 dans le cadre de la lutte contre la délinquance, stigmatisent-ils les populations qu'ils visent : habitants des quartiers dits difficiles (arrêté "couvre-feu"), prostituées, SDF (arrêté anti-bivouac). Les étrangers sont une cible privilégiée. On procède par amalgames subreptices: les demandeurs d'asile, constamment soupçonnés d'usurper le droit d'asile, sont systématiquement confondus avec les sans-papiers, et les sans-papiers sont insidieusement assimilés à des délinquants potentiels. Le demandeur d'asile devient, de fait, suspect, responsable de l'insécurité, coupable d'introduire "des maladies qui avaient pratiquement disparu depuis des décennies comme la tuberculose, la gale ", de monopoliser les services sociaux, de vivre en parasite aux dépens "de nos compatriotes", voire de se conduire en "fraudeur et en prédateur"(...) -
1. Un projet politique. Dramatisation Des
plus amples extraits du livre "Résister
au sécuritaire" seront publiés
dans notre journal Les Enquêtes
interdites n°78 de décembre 2006
(format PDF).
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