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L'Otan
ne pouvait que bombarder, les Serbes ne
pouvaient que résister et,
l'épuration ethnique de Milosevic
ne pouvait que s'abattre sur la population
civile du Kosovo. Voilà le
scénario tragique d'un chapitre de
l'histoire des Balkans que, encore une
fois, l'implacable déterminisme
aveugle de la logique des Etats est en
train de (re)éditer.
Cette
tragédie voit son origine dans
deux interprétations... D'un
côté la revendication
(tristement millénaire) qu'il
appartient exclusivement à l'Etat,
souverain, de régler la vie de ses
propres citoyens (ou sujets!)... Fort
de cette logique, Slobodan Milosevic,
l'exterminateur de la fin du siècle
et, néanmoins président de
l'Etat fédéral yougoslave,
croit de pouvoir définir avec
combien d'autonomie et, surtout, de
répression doit être
administré le Kosovo; région
qui se trouve être une... province
serbe. De l'autre côté, il
y a une conception aussi jeune que le
nouvel (des-)ordre mondial qui revendique
le droit d'ingérence dans les
affaires intérieures d'un Etat
souverain si celui-ci "viole des principes
inaliénables des individus et des
peuples".
Ce
nouveau droit à la
guerre
"légitime"
est "théoriquement" du ressort de
la communauté internationale des
Etats; donc de l'Onu. Mais, dans le cas
précis de l'ex-Yougoslavie l'Onu
étant divisé on a
assisté à l'imposition de la
destinée collective par une
coalition d'Etats. Les
Européens ont d'abord
observé la situation dans
l'ex-Yougoslavie et, ont ensuite
assisté à l'amplification du
conflit, et, ensuite encore, ils se sont
sentis si faibles qu'ils ont
appellé au secours l'Oncle
d'Amérique... qui n'attendait que
ça...
Pour
les Etats-Unis c'était une occasion
rêvée. Depuis qu'ils sont
devenus la superpuissance
planétaire les Américains
ont bien envie d'élargir leur
champ de décision au-delà de
l'administration de l'Onu. Ou mieux, les
USA ont envie de pouvoir monter et
descendre du train de l'Onu quand bon leur
semble... et, voilà, que face
à la situation du Kosovo, ils ont
répondu aux inquiétudes
venant d'Europe en embarquant tout
l'occident dans le porte-avions de
l'Alliance atlantique; de l'Otan.
La
représentation internationale de la
communauté des Etats, l'Onu,
apparaît de plus en plus comme une
instance asthmatique, dont le volume
de la voix est défini ailleurs,
"dans les capitales des pays les plus
forts". Il y a eu une "convergence
parallèle" d'intérêts
dans cette nouvelle guerre. Les Etats
occidentaux bombardent aux nom des droits
des plus forts à défendre
quand bon leur semble les droits des
hommes et des peuples et, l'Etat souverain
du violeur Milosevic extermine au nom du
pouvoir que détient un Etat sur son
territoire... et, les faibles meurent
toujours et toujours au nom de rien...
Comme
quoi si la raison d'Etat est terriblement
cynique, les raisons des Etats sont
inexorablement implacables.
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