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Guerre sans paix


par Zeno

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Lundi 29 mars 1999


L'Otan ne pouvait que bombarder, les Serbes ne pouvaient que résister et, l'épuration ethnique de Milosevic ne pouvait que s'abattre sur la population civile du Kosovo. Voilà le scénario tragique d'un chapitre de l'histoire des Balkans que, encore une fois, l'implacable déterminisme aveugle de la logique des Etats est en train de (re)éditer.

Cette tragédie voit son origine dans deux interprétations... D'un côté la revendication (tristement millénaire) qu'il appartient exclusivement à l'Etat, souverain, de régler la vie de ses propres citoyens (ou sujets!)... Fort de cette logique, Slobodan Milosevic, l'exterminateur de la fin du siècle et, néanmoins président de l'Etat fédéral yougoslave, croit de pouvoir définir avec combien d'autonomie et, surtout, de répression doit être administré le Kosovo; région qui se trouve être une... province serbe. De l'autre côté, il y a une conception aussi jeune que le nouvel (des-)ordre mondial qui revendique le droit d'ingérence dans les affaires intérieures d'un Etat souverain si celui-ci "viole des principes inaliénables des individus et des peuples".

Ce nouveau droit à la guerre "légitime" est "théoriquement" du ressort de la communauté internationale des Etats; donc de l'Onu. Mais, dans le cas précis de l'ex-Yougoslavie l'Onu étant divisé on a assisté à l'imposition de la destinée collective par une coalition d'Etats. Les Européens ont d'abord observé la situation dans l'ex-Yougoslavie et, ont ensuite assisté à l'amplification du conflit, et, ensuite encore, ils se sont sentis si faibles qu'ils ont appellé au secours l'Oncle d'Amérique... qui n'attendait que ça...

Pour les Etats-Unis c'était une occasion rêvée. Depuis qu'ils sont devenus la superpuissance planétaire les Américains ont bien envie d'élargir leur champ de décision au-delà de l'administration de l'Onu. Ou mieux, les USA ont envie de pouvoir monter et descendre du train de l'Onu quand bon leur semble... et, voilà, que face à la situation du Kosovo, ils ont répondu aux inquiétudes venant d'Europe en embarquant tout l'occident dans le porte-avions de l'Alliance atlantique; de l'Otan.

La représentation internationale de la communauté des Etats, l'Onu, apparaît de plus en plus comme une instance asthmatique, dont le volume de la voix est défini ailleurs, "dans les capitales des pays les plus forts". Il y a eu une "convergence parallèle" d'intérêts dans cette nouvelle guerre. Les Etats occidentaux bombardent aux nom des droits des plus forts à défendre quand bon leur semble les droits des hommes et des peuples et, l'Etat souverain du violeur Milosevic extermine au nom du pouvoir que détient un Etat sur son territoire... et, les faibles meurent toujours et toujours au nom de rien...

Comme quoi si la raison d'Etat est terriblement cynique, les raisons des Etats sont inexorablement implacables.

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