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L'Otan multiplie les frappes et Milosevic intensifie l'épuration

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Vendredi 26 mars 1999


Vendredi à 16H14 les sirènes ont retenti de nouveau à Belgrade.

C'est le début, en plein jour de la troisième vague d'attaques aériennes contre la Serbie. Au même moment les forces de Milosevic se déchaînent au Kosovo contre la population albanaise. Une vingtaine de villageois ont été exécutés par des soldats yougoslaves dans le village de Goden, dans le sud-ouest du pays (à environ un kilomètre de la frontière Albanaise). Selon les témoignages des rescapés qui ont rejoint l'Albanie, les militaires serbes ont fait irruption dans le village, ont tué les hommes et chassé 164 femmes et enfants ainsi que dix hommes âgés. Après ils ont bombardé et incendié des maisons.

"Les combats sont de plus en plus durs. Outre à utiliser les chars et les roquettes, maintenant les Serbes ont commencé aussi à nous attaquer avec l'aviation" affirme Jakup Kraniqi, le porte-parole de l'Uck à Tirana. Les affrontements les plus violents ont lieu dans la région de Podujevo, comme a Lap, Suarreka et tout au long de la frontière albanaise.

A Pristina, où un missile de l'Otan aurait détruit le quartier général des forces spéciales serbes, la machine criminelle des sbires de Milosevic est en marche et la recherche des victimes à sacrifier sur l'autel de la vengeance a déjà commencé.

Les Serbes ont "enlevé des responsables intellectuels de la communauté albanaise", a indiqué, sans donner d'autres précisions, aujourd'hui le général David Wilby lors de la conférence de presse quotidienne de l'OTAN. Une des victimes serait un étroit collaborateur du leader politique albanais Ibrahim Rugova.

Dans la région de Sandjak, à cheval sur la Serbie et le Monténégro, environ 300.000 musulmans se sont réfugiés ces derniers jours à Sarajevo.

La peur d'être exterminés est présente plus que jamais dans toute la communauté musulmane et, le souvenir des 200.000 civils massacrés en Bosnie se rallume comme un cauchemar sans fin. "Nous avons décidé de partir tant que nos têtes se trouvent toujours sur nos épaules" déclarait une réfugiée musulmane.

La Bosnie accueille déjà plus de 10.000 Albanais du Kosovo et s'attend à un nouvel afflux de personnes fuyant les bombardements mais, surtout, la soif de vengeance et de "purification ethnique" qui anime la folie assassine du régime de Belgrade.

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