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Le
Train des fous est le récit d'un drame
généralement ignoré, parce que
tu. Il s'agit de l'abandon à la mort
d'êtres humains: 40.000 de plus que n'en
condamnait la mortalité ordinaire dans les
hôpitaux psychiatriques, pendant la seconde
guerre mondiale. Le Train des fous est un
roman. Il est cependant bâti sur des faits
réels et résulte d'une longue
enquête dans le plus grand des
établissements psychiatriques: celui de
Clermont-de-l'Oise.
"Laissez-les
mourir" aurait pu être le mot d'ordre du
gouvernement de collaboration d'alors. Comment cela
fut-il possible? Et pour quelles raisons? C'est ce
à quoi s'attachent Pierre Durand bien
sûr et aussi les textes qui entourent le
roman: ceux de Patrick Tort, de Lucien
Bonnafé et d'Armand
Ajzenberg.
Quand
en 1988 paraît pour la première fois
Le Train des fous, un éminent
historien nie la responsabilité de Vichy
dans ce drame. Il avance, pour l'expliquer,
l'argument du contexte historique. Il lui aura
fallu cependant, pour rendre crédible son
argumentation, éliminer des faits: d'abord
les réticences vichystes à donner aux
malades mentaux des suppléments alimentaires
(représentant 1,25 calorie - moins d'un
gramme de pain - par Français et par jour),
suppléments qu'il accordait aux malades des
hôpitaux généraux.
Ensuite
il lui faudra éliminer les idéologies
qui feront que les élites vichystes, de 1940
à 1945, aient pu, sans décrets
exterminatoires, choisir la façon la plus
"économique" (l'expression est d'Alexis
Carrel - voir notre article L'affaire
Alexis Carrel)
de traiter les fous: par la faim et le froid. Une
telle manière de fabriquer l'histoire
conduirait, si on l'acceptait, à ce
qu'entrent dans celle du temps présent,
comme "morts sans intérêt", ceux qui
pendant la seconde guerre étaient "des
malades sans intérêt".
Nous
avons choisi de publier, avec l'aimable
autorisation des Editions Syllepse, d'amples
extraits de la présentation d'Armand
Ajzenberg, qui explique bien la
responsabilité des théories d'Alexis
Carrel dans cette horrible histoire, ainsi que la
tentative d'un éminent historien (Henri
Rousso, voir
aussi notre édition du 19 octobre
2004)
de nier la responsabilité de Vichy dans ce
drame.
©2001,
Editions Syllepse.
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