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La Turquie menace la Grèce et torture Ocalan

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Mardi 23 février 1999


"La Grèce se désole de manière éhontée de voir Ocalan aux mains de la justice", a déclaré le président turc Demirel au cours d'une interview à la chaîne philippine Ptv-4. "La Turquie est prête à prendre des mesures dans le cadre de son droit à l'autodéfense contre la Grèce si elle ne cessera pas son soutien au Pkk" a poursuivi Demirel qui se trouvait en visite officielle aux Philippines.

L'habituelle arrogance du président turc fait référence aux "pseudo" révélations faites par le quotidien Hurriyet (proche des services secrets de la nation anatolienne). Ce journal, affirme que, au cours de son interrogatoire, Abdullah Ocalan (enfermé dans la prison militaire sur l'île d'Imrali, sans aucune assistance juridique), aurait admis que la Grèce aurait fourni pendant des années des armes et du soutien au Pkk."

Un séisme politique s'était déjà abattu sur la Grèce après l'expulsion du résistant Kurde de l'ambassade de Nairobi et sa livraison dans le mains des tortionnaires d'Ankara par les services de sécurité kenyans interposés. "Simitis traître" criait la foule à l'encontre du Premier grec dès que la nouvelle s'était répandue dans les rues d'Athènes. "C'est une honte nationale" titraient la semaine dernière les principaux quotidiens grecs.

Dans la pure tradition des chefs de gouvernements soucieux de sauvegarder leur propre carrière, le Premier Costas Simitis essaya donc de se défendre en démissionnant trois fusibles: le chef de la diplomatie Pangalos, le ministre de l'intérieur Papadopulos et le ministre de l'ordre public Petsalinkos.

Selon un colonel des services secrets grec, Monsieur Kalderidis, qui avait été chargé d'accompagner Ocalan au Kenya, l'ordre de faire cadeau du chef du Pkk à la Turquie venait directement d'Athènes et c'était un impératif... derrière lequel on peut imaginer que se cachait un sale marché secret entre Etats.

La Grèce venait tout juste, la semaine dernière, d'acheter à la Russie des missiles S-300 (pour une valeur de 450 millions de dollars) prévus pour être déployés à Chypre, ou à la rigueur... à Crète. L'acceptation du déploiement de ces missiles par les autorités d'Ankara sur cette île greque un peu plus éloignée de la Turquie, aurait pû constituer un bon compromis, et cela avec la bénédiction de Washington (sic!).

"Il a été prouvé (par les interrogatoires d'Ocalan) que la Grèce a collaboré avec les assassins du Pkk et qu'à ce titre elle devrait être considérée parmi les pays qui soutiennent le terrorisme et elle ne devrait plus appartenir a la communauté des pays civilisés." Est-ce que par cette déclaration relâchée a Ptv-4 le président turc Demirel, après avoir reçu "le paquet" cadeau, cherche le moyen de renier un accord passé avec l'état grec, ennemi de toujours?

D'autant plus que "nous avons beaucoup de doutes sur le déroulement des interrogatoires en cours... ils pourraient être accompagnés par des méthodes qui selon les conventions internationales seraient considérées comme de la torture"... le mot est lâché! Madame Keskin, une des avocates d'Ocalan admet aussi d'avoir déjà reçu des menaces , tout comme les autres avocats turcs nommés par la famille d'Apo.

En Turquie l'opinion publique est convaincue que le procès se conclura avec une condamnation à mort suivie d'une prompte exécution. Et, les media turcs, proches du pouvoir, écrivent que les débats seront courts, ils ne pourraient durer que quelques jours... et cela malgré les quelque 13998 chefs d'accusations contenus dans le dossier de 400 pages qui est présenté contre "Apo"...

Après la torture, l'exécution d'une sentence déjà écrite.

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