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Tout
de suite après la déportation
d'Abdullah
Ocalan
en Turquie, les avions de l'oncle Sam ont pu décoller
de la base militaire d'Incirlik (Turquie) pour aller
bombarder l'Irak.
Ankara remerciait la CIA pour son aide pendant la traque au chef de la résistance kurde. Il faut bien admettre que, ces derniers temps, les services secrets américains en Méditerranée sont en pleine surcharge de travail. Washington, sûr de son pouvoir d'ultrasuperpuissance mondiale, regarde avec un oeil plus que méfiant les développements d'une "hypothèse d'Union Européenne" et veut se garantir à tout prix une place de contrôle en cette région du monde. C'est ainsi que la CIA en jouant sur les contradictions du vieux continent, a cru bon d'encourager une étroite collaboration entre les services secrets turcs et le Mossad israélien. L'existence de cette alliance a été rendue publique par le professeur Efraim Inbar, directeur du Centre d'études stratégiques Begin-Sadat, de l'université israélienne Bar-Ilan, dans une conférence qu'il a tenu en septembre 1998 au Woodrow Wilson Centre de Washington. La Turquie et Israël ont mis en commun leurs services d'écoute aux frontières avec la Syrie, l'Irak et l'Iran. L'encerclement de la Syrie étant un des objectifs communs aux deux Etats, la Turquie a cordialement permis le survol de son territoire aux avions de chasse israéliens. Les informations sur les mouvements de la résistance kurde du Pkk, ceux des armées syrienne et irakienne, ainsi que la position des camps retranchés des Hezbollahs (au sud Liban) sont une matière d'échange et d'intérêts communs. Les Américains, parrains de cette collaboration, président (dans la pure tradition mafieuse) des meetings réguliers entre des officiers de renseignements turcs et israéliens à Tel Aviv. La diplomatie turque soigne ses rapports avec les lobbies pro-israéliens de New York et Washington en insistant sur l'importance stratégique du pays anatolien au proche Orient (surtout après la chute du mur de Berlin). Ironie du destin, souligne le professeur Inbar, des membres juifs du congrès américain commencent même à s'aligner sur la thèse turque qui s'obstine a nier le génocide arménien de 1915... fait qui déclenche néanmoins l'indignation de Yosi Sarid, membre de la Commission des affaires étrangères et défense de la Knesset, qui dans un rappel historique affirme (Independent 24.02.99) que "les Juifs, qui ont perdu 6 millions de personnes dans l'horreur nazie, devraient être les derniers à nier l'existence d'un autre génocide (...)". Encore
un exemple de la perversité d'une raison d'Etat. Abonnez-vous
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