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Nous publions cet article de Louis Aminot en deux parties. L'intégralité de cet article est déjà disponible dans l'espace abonnés. * Actuellement cadre territorial à Sevran (93), Louis Aminot est un ancien technicien de l'arsenal de Brest. Secrétaire Fédéral de le Fédération du Finistère-Nord du Parti communiste français, il sera - avec des centaines d'autres communistes - brutalement écarté puis licencié en 1986. Membre fondateur du Mouvement des rénovateurs communistes, il se rapproche alors du Grand Résistant - antifasciste et anti-stalinien - Maurice Kriegel-Valrimont, duquel il deviendra - avec Alain Amicabile - le confident et le secrétaire jusqu'à sa disparition, le 2 août 2006. Eloignée de ces basses supputations, plus vaste et majestueuse, étendue là-bas au Levant, la Chine en ébullition s'éveille joyeusement au modernisme de l'Occident. Elle s'offre en circuit les rouges et bleues de la F1. Les géants de la consommation appâtent l'immense fourmilière humaine à approvisionner - un milliard et demi de consommateurs -, une manne inespérée pour les promoteurs du marché. Les prédateurs sautent d'un pas léger la grande muraille. Champions de la course aérienne, ils déploient leurs ailes high-tech à toute vitesse. La dure conquête des 325.000 francs et 50.000 dollars? Une franche rigolade. Elle appartient au lointain passé des Roger Vailland et Ernest Héminguay. Les artistes du pognon surfent sur nos Droits et Libertés. Ils veulent tout détruire, de l'EDF à la SNCF, de la Sécu à GDF. Dans un formidable mouvement, la Libération avait inventé ces joyaux démocratiques. Elle les avait créés, promulgués. La cohésion et la solidarité nationales s'en étaient fortifiées. De cette page glorieuse, il ne resterait qu'un brouillon à brûler, l'autodafé libéral serait à européaniser. Changement de siècle et de millénaire, le tribunal des nantis proclame la faillite des Caisses de retraites, comme celle des Assurances chômage et maladie. Le Social passe à la trappe. Pauvreté et chômage ne sont pas des métiers rentables. Les "responsables" de la gabegie devront casquer! Le partage et la solidarité sont des métastases à éradiquer. Les penseurs de la précarité généralisée célèbrent ainsi leurs nouveaux parangons, délocalisation et mobilité. Tout-puissants, les As de la rapine rêvent tout haut du Développement durable de leurs fortunes, numérotées en fonction des forces et des violences accumulées. Les vies usées jusqu'à la corde, les enfants par millions affamés, anémiés, constituent les bonnes ressources à exploiter. L'accumulation capitalisée, les gens de peu sont instamment priés de l'accepter sans rechigner.
Insensibles, les gros bonnets accélèrent la fabrication à la chaîne de jeunes galériens. Maîtres et seigneurs les veulent à leurs bottes, corvéables à merci, selon les règles du CAC 40, la nouvelle loterie nationale. Voici quatre-vingt-dix balais, un peu plus, un feu nourri constituait leur premier essai mondialisé. Les bleus sans horizon, dans un premier élan, la fleur au fusil, formèrent durant quatre années les bataillons des étripés de la butte et des fusillés pour l'exemple. Parmi les braves poilus se mêlaient de sacrés diables enrôlés de force par milliers, les étonnants Tirailleurs Sénégalais. Les cinglés du képi accordaient alors aux hommes de la terre, l'égalité et le droit de mourir pour la Patrie. En échange de l'obligation d'obéissance aux étoiles et galons dorés, les troupiers mobilisés pouvaient gagner, sans coup férir, une montée au ciel garantie. Ce Droit funeste était assorti d'une inscription au marbre des monuments villageois, connus ou inconnus. Les rescapés de ce jeu de massacre inédit, programmé pour la dernière fois, obtenaient leur titularisation définitive à une vie brisée. La Gueule cassée, les poumons gazés, les membres mutilés, ils émargeaient pour la postérité à la Loterie Nationale, spécialement légalisée. Vous avez dit violence et délinquance? Nom d'une pipe! C'est la Marne! Taxis grillés et feux de bagnoles, où se nichent donc les salauds qui les ont inventés? A la vérité, l'accroissement continu des inégalités, discriminations et autres ségrégations, demeure la source principale des violences, cependant légitimement blâmées. Les nouvelles générations l'ont appris, les initiateurs des désordres sont planqués au Pouvoir ou postés en embuscade à son extrême droite. De couvre-feu en portes fermées, les ministres ne cessent de brutaliser les Droits et les aspirations de la jeunesse à la dignité.
En quête de bien-être et de sens de vivre, les "racailles" vilipendées, jeunes et aînés, les vermines, sans-culottes et autres populaces, toutes et tous sans rien, lui en seront gré. Grand Résistant, un sage le martelait sans cesse: "rien n'est plus faux que la désespérance". Aussi, au seuil de l'An 1 des nuits bleues de novembre, ne serait-il pas inconvenant, voire un peu criminel, d'encourager les jeunes et moins jeunes à désespérer de "nous" et du changement? Ne suffit-il pas de poser la question...?" Fait
à Sevran, le 2 octobre 2006 Abonnez-vous
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