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Retour sur le voile:
Les cheveux des femmes, l'apartheid de facto, la loi de circonstance, la "discrimination positive" et quelques autres seconds rôles


Par Gilbert Dalgalian, Claude Kowal, Patrick Silberstein

Mardi 13 janvier 2004



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U
n voile masque les cheveux des femmes musulmanes. Il est imposé par les hommes de leur famille ou des proches au nom des "usages de leur communauté" (ce qui est souvent vrai dans les pays de traditions musulmanes). Les femmes en sont les premières victimes, mais elles ne sont pas les seules.

Depuis quelque temps, cette pratique se développe - singulièrement dans les établissements scolaires et sous une forme encore plus grave dans les hôpitaux de France - et démontre un repli communautaire et un développement de l'influence fondamentaliste.

Cette influence se nourrit d'une situation d'"apartheid de facto" dans la communauté des immigrés et des Français de culture musulmane. Cet "apartheid de facto" est un sous-produit de l'empire colonial.

Les réponses des divers courants de pensées politiques ou culturels ne répondent pas ou peu à cet "apartheid de facto". Ces réponses s'adressent pour l'essentiel aux populations non immigrées voire déjà intégrées.

La loi, proposée par la droite mais aussi par certains courants de gauche, apparaît surtout aux yeux des Blacks, Beurs et Beurettes comme une loi de circonstance, ce qui risque de les rejeter encore plus vers les courants intégristes islamiques.

Le contexte international et particulièrement la situation au Moyen-Orient accroissent cette tendance et favorisent un développement de l'antisémitisme en réaction contre le sionisme lui aussi colonial.

La politique du ministre de l'Intérieur a privilégié les institutions religieuses dans la représentation des communautés étrangères, comme au bon vieux temps des colonies où il n'y avait pas d'Algériens mais des musulmans d'Algérie. Cette pratique a fabriqué sur le plan médiatique un leader d'opinion qui mêle une idéologie fondamentaliste et un discours moderniste et qui sert de faire-valoir repoussoir à Nicolas Sarkozy. Les courants laïques sont marginalisés et instrumentalisés ainsi par leurs adversaires les plus importants.

S'il n'est pas question d'accepter ce voile, encore faut-il dire clairement comment on pourrait le combattre sans charger un peu plus le sort de celles qui le subissent, sans combattre frontalement le fondamentalisme et les conditions qui le nourrissent.

On développe aussi quelques propositions qui permettraient d'avancer de façon positive vis-à-vis des réalités communautaires.

C'est ici une stratégie que l'on essaie de dessiner afin de sortir de la posture critique nécessaire mais largement insuffisante. (...)

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