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Lors de chaque mouvement important travaillant la société française, les artisans de la confusion utilisent les mêmes méthodes, et le plus étonnant est qu'il trouvent immanquablement des personnes assez naïves pour les accompagner un bout de chemin. On se souvient de l'Appel "Non à la guerre" lancé lors de l'intervention de l'OTAN en ex-Yougoslavie, qui sous couvert de pacifisme se rangeait du côté de Milosevic et de ses amis. Plus près de nous, c'était l'appel à la libération de Tarik Aziz et "des autres prisonniers politiques irakiens" qui là aussi cachait un alignement sur le pire de la dictature du parti Baas (a lire aussi notre article "Rouges-Bruns: une nouvelle passerelle, via Bagdad..."). Cette fois-ci, c'est un appel "d'intellectuels" pour le NON au traité constitutionnel qui sert de cocon à une opération du même type. La méthode est éprouvée: rédigez un texte d'apparence radicale, tapant sur le capitalisme, l'impérialisme américain, la mondialisation, l'argent-roi, faites-le signer à une trentaine de gens irréprochables, de militants éprouvés des causes les plus généreuses, puis, comme on place une gousse d'ail dans la souris du gigot, amenez dans un deuxième temps les signatures de gens d'extrême-droite, de théoriciens de la Nouvelle-Droite, de négationnistes. Il est évident que la très grande majorité des personnes qui se retrouvent sur cet appel n'ont fait qu'approuver un texte politique, sans même se douter qu'ils se retrouveraient amalgamés à des adversaires déterminés. Responsables d'associations anti-racistes, historiens, anciens déportés, victimes des répressions coloniales, aucun de ceux-là n'a accepté, en donnant son nom, de figurer sur la même photo que Claude Karnoouh, cet habitué des publications de la Nouvelle Droite pour lequel les chambres à gaz n'ont pas existé. Pas plus qu'ils n'ont accepté de faire cause commune avec Jean-Paul Cruse, ancien journaliste à Libération promoteur d'un nouveau Front National associant chevénementistes, communistes orthodoxes, souverainistes pasquaïens et rescapés des groupuscules mégrétistes! Mais quelques-uns ne peuvent être regardés comme de simples militants floués, dès lors qu'on retrouve leur nom, à plusieurs reprises, pour de semblables opérations. Des anciens de l'Idiot International comme Francis Combes, une "libératrice" de Tarek Aziz comme Patricia Latour, maire-adjointe d'Aubervilliers. Une fois, ce peut être une faute d'inattention. Deux fois, ne reste que la faute. Au moment où l'un des principaux arguments des partisans du traité constitutionnel consiste à opérer un amalgame entre le NON de gauche et le NON d'extrême-droite, la présence de militants du pire sur une "pétition d'intellectuels" ne peut que donner des arguments à un camp en difficulté. Et c'est sans surprise que l'on s'aperçoit qu'un des plus actifs dans la collecte des signatures est justement un ami de Claude Karnoouh. Il s'agit de Bruno Drwreski, un universitaire récemment propulsé dans les instances dirigeantes du Réseau Voltaire en compagnie de Claude Karnoouh (a lire aussi notre article "La fin du Réseau Voltaire")! Son itinéraire est volontiers qualifié de "rouge-brun" dans les structures auxquelles il a collaboré comme "Espace Marx". D'ailleurs, le premier lieu de "lavage" de l'universitaire Claude Karnoouh a été la revue Nouvelle Alternative dirigée par Bruno Drweski. Sa nomination au comité de rédaction avait provoqué des remous. Et Claude Karnoouh s'en était sorti en affirmant qu'il s'était contenté, en 1981, de "plaider pour la liberté d'expression contre les procès d'opinion". Ses collègues historiens n'avaient pas trouvé le temps de vérifier la source. Dommage. S'ils avaient pris cette précaution, ils se seraient alors aperçus que leur compagnon de comité n'avait pas simplement défendu "le droit à l'expression" du "professeur" Faurisson, mais bien ses thèses les plus effrayantes. Les intellectuels de la pétition n'ont rien de plus urgent, aujourd'hui, qu'à faire la clarté sur leur démarche en indiquant la porte de sortie aux squatteurs. Abonnez-vous
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