La fin du Réseau Voltaire

Par Michel Sitbon, Gilles Alfonsi et Jean-Luc Guilhem*
Mercredi 30 mars 2005

 

Comment un réseau d’information et de lutte anti-fasciste, de dénonciation de tous les intégrismes, peut-il basculer au point de faire alliance avec un négateur des chambres à gaz, au point de cautionner les pires régimes religieux autoritaires?Trois ex-membres de la direction du Réseau Voltaire, qu’ils viennent de quitter, retracent minutieusement l’histoire d’une dérive.Nous accueillons cette éclairante réflexion de Michel Sitbon, Gilles Alfonsi, et Jean-Luc Guilhem*.

La rédaction d’Amnistia.net

* Les signataires étaient jusqu’au 26 février 2005 membres du Conseil d’administration du Réseau Voltaire

 

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Voltaire n°1, nouvelle revue en kiosque.
Dans la nouvelle vulgate du Réseau Voltaire, l’appel à la constitution d’un “axe Paris-Berlin-Moscou-Pékin” pour faire face à l’”état de guerre” que les Etats-Unis auraient instauré entre eux et le reste du monde.
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Tout le dossier “L’univers des médias”

L’infiltration tout azimut sonne la mort de l’association dont les combats initiaux ne doivent pas être oubliés.

Le 26 février 2005, au terme d’une Assemblée générale à participation restreinte, convoquée dans des conditions sujettes à caution, les signataires de ce texte ont quitté le Conseil d’administration du Réseau Voltaire tandis qu’y faisait son entrée Claude Karnoouh, chercheur au CNRS, pour lequel “les chambres à gaz n’ont pas existé(1)“. C’est aujourd’hui également un participant des activités de la “nouvelle droite” d’Alain de Benoist. Simultanément, Marc Boureau d’Argonne, présenté à l’Assemblée générale comme “un ami du président de la République”, accédait également aux instances de l’association…

Que s’est-il passé pour que le Réseau Voltaire soit devenu une officine complaisante tout à la fois envers les intégristes musulmans, les militants de la Serbie de Milosevic, les faurissoniens et les “rouges-bruns”, en même temps qu’il se rallie avec enthousiasme à la politique de l’Elysée(2)? Comment Thierry Meyssan, qui a été un militant ardent et reconnu contre l’extrême droite(3), a-t-il pu rompre avec les valeurs essentielles qui ont fait son engagement depuis des années et, du même coup, comble du comble, décider de “donner raison” a posteriori, à ceux qui, depuis la parution de son livre L’effroyable imposture, lui ont collé l’étiquette de “négationniste”?(…)

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– Confusion dommageable
– Un syllogisme insupportable
– L’âme d’une “nouvelle résistance”…
– Une reunion rigoureusement arrangée…
– La “guerre des civilisations”
– L’axe Paris-Berlin-Moscou-Pékin
– “Critiquer Israël est pire que violer une petite fille”…
– A l’ombre des services secrets français
– La transparence du financement
– Un verrouillage total du fonctionnement
– Un ami du président de la République…
– Le chercheur negationniste
– Les origines de la dérive
– Un instrument de la diplomatie parallèle

 

NOTES

 

1) Claude Karnoouh: “Je crois qu’effectivement les chambres à gaz n’ont pas existé; un certain nombre de vérités de l’histoire officielle ont fini par être révisées”. Le Monde, 30 juin 1981.

2) Comme on peut le constater en conclusion de l’éditorial de la revue Voltaire, dont le n°1 est en vente: “Nous soutenons donc la France, la Fédération de Russie et la Chine “(…) ” sur le champ de bataille, nous reconnaissons notre camp et choisissons nos frères d’armes.” Le même numéro tresse des lauriers à Jacques Chirac, en particulier pour un discours contre “l’impérialisme sous-culturel”, prononcé à Hanoï, dans le cadre de la Vème rencontre Asie-Europe, en octobre 2004, que la revue compare au fameux “discours de Pnomh Penh” du général de Gaulle (page 98). À la page suivante sont dénoncées les tentatives de soulever le “problème birman” lors de cette rencontre, “pour saboter la conférence, trop anti-états-unienne”, selon Voltaire…

3) Thierry Meyssan a entre autres été le président du Comité de vigilance contre l’extrême droite. On lui doit surtout l’enquête sur le DPS (ainsi que se nommait le service d’ordre du Front national), puis il été à l’origine d’une commission d’enquête parlementaire qui avait provoqué la scission de ce parti entre les fidèles de Bruno Mégret et ceux de Jean-Marie Le Pen. Cette scission avait empêché la Commission parlementaire de statuer, l’objet même de son enquête s’étant auto-dissous avant la fin de ses travaux. L’enquête du Réseau Voltaire sur le DPS avait permis de révéler l’existence de la très discrète DPSD, ainsi que fut rebaptisée la sécurité militaire à l’arrivée de François Mitterrand en 1981, réussissant par ce subterfuge à se faire complètement oublier, y compris de la littérature spécialisée. Jusqu’à ce que Thierry Meyssan découvre que le patron du DPS frontiste était un agent “DPSD” étatique. C’est en cherchant ce que cela pouvait signifier que Thierry Meyssan avait mis à jour le principal service secret de l’État, celui qui contrôle les autres. Antérieurement, on doit à Thierry Meyssan aussi bien un important travail de dévoilement des réalités contemporaines de l’Opus Dei (publiés à l’origine dans le journal Maintenant) que d’avoir su mobiliser la gauche contre diverses entreprises vaticanes. Le comité de vigilance anti-fasciste avait également été l’organisateur d’une grande manifestation contre le Front national à Strasbourg.

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