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Guerre
d'Algérie: les colis piégés
des services secrets
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une
enquête de la rédaction
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Mercredi
6 juin 2001
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Cette affiche en faveur de l'Algérie
Française oublie simplement de
préciser qui a lancé la
grenade...
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L'éditeur
Nils Andersson, qui fut en Suisse pendant la guerre
d'Algérie l'équivalent de
Jérôme Lindon ou de François
Maspéro, vient de publier un article
(Libération du 24 mai 2001) dans lequel il
rappelle les circonstances de l'assassinat d'un professeur
belge, à Liège, le 25 mars 1960, au moyen d'un
livre piégé.
Nils
Andersson est concerné au premier chef par cet
attentat, puisque les artificiers dissimulèrent
leur charge de plastic et le dispositif de mise à
feu dans un exemplaire de La Pacification qu'il
venait d'éditer à Lausanne. Le professeur
Georges Laperche, militant de l'indépendance
algérienne, fut déchiqueté par la
bombe, et la police retrouva les lambeaux d'une bande
entourant le livre suisse où les tueurs à
l'humour sinistre avaient inscrit ces mots: "Tirage
limité, édition numérotée".
Le même jour, dans la même ville, Pierre Le
Grève, un autre professeur favorable au FLN,
échappait à la mort en n'ouvrant pas le colis
identique que son facteur lui avait remis.
Ces
attentats faisaient suite à des dizaines de
meurtres attribués à une mystérieuse
organisation de partisans de l'Algérie
Française, "La Main Rouge".
On sait
précisément aujourd'hui, grâce entre
autres au livre de Douglas Porch Histoire des services
secrets français (Albin Michel 1997) que "La
Main Rouge" n'était qu'une fiction et que ce leurre
dissimulait l'action homicide des services spéciaux
français placés sous la direction de
Constantin Melnik et sous la responsabilité du
Premier ministre de l'époque, Michel Debré
(...)
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