|
|
La diffusion en kiosques de cette revue est accompagnée par toute une série d'actions: des tracts antisémites sont diffusés à Lyon, les avocats des parties civiles, des habitants du village des enfants martyrs d'Izieu, reçoivent des lettres anonymes inspirées par La Vieille Taupe, des militants infiltrés de La Guerre Sociale piègent la page courrier du journal Libération qui sera contraint de retirer son tirage des kiosques. Le Mrap, la Ligue des Droits de l'Homme, l'Association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France obtiennent rapidement la suspension de la revue, la décision de justice précisant que: "par la distribution et l'exposition de l'ouvrage dans tous les lieux desservis par les NMPP, il a imposé au public, tout particulièrement aux familles de toutes les victimes du nazisme, ainsi qu'à tous ceux qui estiment se reconnaître dans une origine juive, l'affirmation de l'irréalité d'un martyre".
"La conférence de Wannsee du 20 janvier 1942 avait pour but d'organiser la concentration des juifs dans les territoires de l'Est. Cette conférence décida le refoulement (die Zurückdrängung) de l'espace vital allemand de tous les juifs qui seraient acheminés vers l'Est où ils seraient mis au travail et attendraient la fin de la guerre qui déciderait de leur sort. L'Est européen dont il s'agit est la région d'Auschwitz". Sans sourciller, le professeur Régis Ladous lui accorde la mention "Très Bien". Il est vrai que le registre des mémoires de Lyon III, pour l'année 1990, montre que ce même professeur ne renâclait pas à faire équipe avec le militant d'extrême-droite Bernard Lugan pour présider des soutenances sur des sujets aussi typés que L'émergence d'un courant traditionaliste dans l'Église catholique (19 février 1990), Les zulus vus par les Français au XIXème siècle (25 septembre 1990), Léon Daudet et l'antisémitisme (27 septembre 1990), Léon Delbecque (27 septembre 1990). Régis Ladous dirigeait également les travaux d'un étudiant connu pour ses engagements d'extrême-droite sur Le thème de la race dans l'Émancipation Nationale, le journal nazi de Jacques Doriot. L'année suivante, Jean Plantin change d'université et s'inscrit en D.E.A. à Lyon 2, sous la direction du professeur Yves Lequin. Cet historien de renom dirige le Centre Pierre Léon (Cnrs) et préside aux destinées du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation, deux institutions qui occupent les anciens locaux de la Gestapo, avenue Berthelot, là où officiait Klaus Barbie. Il ne bronche pas quand son nouvel étudiant lui propose comme sujet de son mémoire "Les Épidémies de typhus exanthématique dans les camps de concentration nazis, 1933-1945". Il s'agit pourtant d'un des thèmes centraux de l'argumentaire négationniste selon lequel les morts des camps ont été emportés par ce typhus amené par les poux et que le régime nazi n'a donc pas mis en oeuvre une politique génocidaire. Hélas, il n'est pas possible de consulter le travail grâce auquel Jean Plantin a obtenu son D.E.A d'histoire : le professeur Yves Lequin, qui présidait le jury de 1991, affirme que ce mémoire n'était pas négationniste mais déclare qu'il ne l'a pas conservé!
Étrangement, les décisions du Conseil d'administration de l'Université Lyon 2, prises à l'initiative de l'Unef-Id en mai 1999 sont, à ce jour, restées lettre morte: 1) Convocation d'une section disciplinaire pour les professeurs Yves Lequin et Régis Ladous. Elles
sont pourtant de nature à nettoyer les écuries
de l'incurie.
|