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Le
problème est que ce titre, avalisé par les
autorités universitaires et politiques, est
usurpé. En effet, François Robert, simple
vacataire, ne devient "ingénieur d'études
au C.N.R.S." que trois mois plus tard, le
7 octobre 1993, à l'issue d'un
concours
qu'il remporte brillamment devant trois autres concurrents
moins bien introduits. Trois jours plus tard, Philippe
Videlier, un historien affecté au Centre Pierre
Léon, demande sa mutation dans un autre laboratoire
du C.N.R.S., invoquant une question d'éthique lui
interdisant de demeurer dans une équipe qui vient de
recruter un ancien militant du groupe négationniste
La Guerre Sociale. Il confirme ainsi la
position qu'il a rendue publique dix mois auparavant et qui
n'a rencontré que le silence. A l'appui de sa lettre
adressée à Yves Lequin, directeur du Centre
Pierre Léon,
On apprendra plus tard que c'est l'adjoint au maire de Lyon et délégué au respect des droits qui, dans une volonté d'apaisement, est intervenu auprès du professeur Lequin pour obtenir un document signé de François Robert. Trois mois plus tôt, en juin 1993, répondant à une requête de Sos Racisme, le directeur du département scientifique du C.N.R.S. affirmait, lui, que les allégations de Philippe Videlier se résumaient à des rumeurs injustifiées! La spirale du mensonge est enclenchée, et les manipulateurs vont user de tous les artifices pour isoler et délégitimer le chercheur récalcitrant. En décembre 1994, inquiétés par la création du Cercle Marc Bloch, les amis de François Robert, emmenés par l'amateur de listes noires Christian Thuderoz, lancent une pétition intitulée "Vigilance" qui déforme totalement la réalité. Elle recueille une centaine de signataires d'universitaires dont presque aucun n'a la connaissance du dossier ni de ce qui se joue à Lyon. Le texte se termine par l'acceptation, de la part de presque tout le Gotha universitaire, de l'exil, à Chambéry, du chercheur lyonnais vigilant. Plusieurs auront le courage de retirer une signature trop rapidement accordée. L'activité du Cercle Marc Bloch, les soutiens de Sos Racisme, du Mrap, de Ras l'Front, de la Fsu, du syndicat national des chercheurs scientifiques, contraignent la direction du Centre Pierre Léon a évoquer l'existence d'une pièce maîtresse : une "enquête sécurité" diligentée par la direction du C.N.R.S. Cette procédure aurait lavé François Robert de tout soupçon, et ce avant même son recrutement sur "concours". Six ans plus tard, en novembre 1999, l'actuelle directrice du C.N.R.S. se verra opposer une fin de non recevoir quand elle demandera communication de cette enquête dont il est aujourd'hui probable qu'elle n'a jamais existé!
En janvier 1998, François Robert intente un procès en diffamation à Philippe Videlier et à ses éditeurs. Le jugement (provisoire puisqu'il a été porté en cassation), reconnaît que "l'ingénieur d'études" a bien adhéré au mouvement La Guerre Sociale entre 1979 et 1982, et que le caractère négationniste des textes qui étaient alors diffusés est incontestable. Il souligne qu'il était légitime pour un historien d'informer sa hiérarchie du passé d'un postulant au C.N.R.S., mais il lui est fait reproche d'avoir témoigné de l'animosité envers François Robert en le désignant sous le vocable "ce monsieur" au lieu de s'en remettre aux autorités universitaires. A l'appui de ce raisonnement, les juges invoquent... la commission de sécurité diligentée par le C.N.R.S. et dont ils ignorent que la seule existence, à ce jour, se résume aux déclarations d'Yves Lequin et de ses plus proches collaborateurs. Quelques mois plus tard éclatera l'affaire de la fabrication d'un historien négationniste, Jean Plantin, par les universités Lyon 2 et Lyon III (voir le Chapitre 1). Personne
n'a essayé cette fois d'évoquer la fiction
d'une "enquête de sécurité"...
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