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En
juin 1997, la 15e chambre correctionnelle de Paris jugeait
soixante-et-onze personnes impliquées dans un
réseau de producteurs et d'amateurs de cassettes
à caractère pédophile, la
filière Toro Bravo. A la tête de cette
entreprise très lucrative on trouvait un personnage
surtout connu, jusque là, pour son activisme
néo-nazi: Miguel (dit Michel) Caignet. La presse sera
curieusement discrète sur le mensuel pédophile
Gaie
France Magazine
qu'il édite depuis janvier 1986, et dont
le
pasteur Doucé,
mystérieusement assassiné en 1990, assurait la
gestion des abonnements.
Directeur
de Combat Européen, Michel Caignet milite dès
le milieu des années soixante-dix dans les Groupes
Nationalistes Révolutionnaires jusqu'à leur
fusion avec la
La fusion de ces milieux néo-nazis et pédophiles avec cette "ultra-gauche" déjantée est surprenante au premier abord, mais une lecture des textes élaborés par les animateurs de La Vieille Taupe permet de dégager les parentés. Dès le début de leur dérive, ces gens se revendiquent d'un combat contre tout ce qu'ils classent comme "tabous": l'humanisme, la démocratie, l'argent, les chambres à gaz, le féminisme, la sexualité. L'un de leurs textes intitulé "L'horreur est humaine" publié par La Banquise à l'été 1983, fait clairement la liaison entre la sexualité, la pédophilie et les camps d'extermination: "De nos jours les intellectuels ont pris conscience du pur caractère historique de tabous qui passaient jusqu'alors pour naturels. Mais c'est une conscience purement intellectuelle, totalement séparée de leur propre vie. On verra tel prof d'université dans le vent réagir avec la même hystérie qu'une prolétaire si quelqu'un s'avise de jouer à touche-pipi avec son enfant. Pour l'intellectuel comme pour tous les autres, l'une des raisons qui font des camps une horreur plus horrible, c'est qu'ils ont bousculé un certain nombre de tabous occidentaux: la mort et les cadavres, les enfants, la nudité des corps et les fantasmes sado-sexuels".
Ces mêmes "révolutionnaires anti-tabous" poursuivent leur combat, dix ans plus tard, dans un numéro spécial de Mordicus qui rend hommage à Human Bomb, le preneur en otage d'une classe maternelle de Neuilly:
L'interpellation de Michel Caignet dans le cadre de la filière pédophile Toro Bravo, en 1996, avait fortement inquiété les activistes de La Vieille Taupe. Pour Pierre Guillaume, (qui un temps inspira les "théoriciens" de La Banquise ou de Mordicus), cela ne pouvait tomber plus mal puisqu'il était alors occupé à orchestrer l'affaire Garaudy et son soutien par l'abbé Pierre. En témoignent deux lettres datées du printemps 1996. Pierre Guillaume s'adresse à celui qui l'édite depuis seize ans, Charles Corlet et qui vient de refuser l'impression du deuxième tirage des Mythes fondateurs de la politique israélienne de Garaudy, en raison des ennuis judiciaires que le texte suscite, mais aussi à cause d'un client peu discret amené par La Vieille Taupe, Michel Caignet. En réponse, Pierre Guillaume argue qu'il ne connaît même pas le nom de la revue éditée ("une revue d'hétérophobes sexuels... Gay quelque chose...) ni ses créateurs. Une lecture attentive de ses propres courriers aurait pu lui épargner ce mensonge : onze ans plus tôt, il ne faisait pas mystère de ses relations suivies avec Michel Caignet, comme le prouve la circulaire de La Vieille Taupe de décembre 1985: "... l'auteur et moi étions convenus que le Professeur Faurisson relirait les épreuves et superviserait l'édition. A la réception des épreuves, celui-ci a émis de très graves critiques sur le travail effectué par Michel Caignet (étudiant à la Sorbonne, prépare un doctorat de linguistique allemande et anglaise)".
Georges Orwell avait pressenti l'horreur qui nous frappe aujourd'hui. Dans un article sur le roman noir américain "Rafles and Miss Blandish", il écrivait en 1944 : "L'interconnexion du sadisme, du masochisme, du culte de la réussite, du culte de la puissance, du nationalisme et du totalitarisme forme un immense sujet dont on a encore à peine écorné les angles; et l'on considère même comme assez peu délicat d'en mentionner l'existence". On me
reprochera donc mon manque de délicatesse... Abonnez-vous
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