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Les
derniers jours d'octobre 1999, la fuite, l'exil
suisse, la remise aux autorités
françaises de Maurice Papon, puis son
incarcération à la prison de
Fresnes, mettaient un terme à dix huit
années de procédure contre un ancien
ministre convaincu de complicité de crimes
contre l'humanité. Le petit groupe de
fidèles de l'ancien secrétaire
général de la préfecture de la
Gironde qui a organisé la filière de
soustraction de Papon à l'arrêt de la
Cour de Cassation, était composé
d'Hubert de Beaufort, de Robert de La
Rochefoucault, de Jean Morin et d'un homme qui
avait témoigné pour Maurice Papon,
à Bordeaux, le 22 octobre 1997, mettant en
avant ses origines juives et la mort de son
père en déportation,
l'écrivain Jean-François Steiner.
Ancien parachutiste en Algérie, il prend
contact avec Michel Alibert qui commandait son
escadron du 13ème régiment de dragons
et vécut huit années en
clandestinité pour son implication dans
l'activisme OAS.
Dans
un premier temps, ils imaginent d'installer Maurice
Papon dans le 13ème arrondissement
parisien, au coeur du quartier asiatique, avant
d'opter pour la Suisse d'où il sera possible
de mener une guerre de procédure contre la
justice française en déposant des
recours devant les instances judiciaires
européennes. Jean-François Steiner
propose de se mettre en relation avec l'avocat
genevois Luc Argand qui serait chargé de
rédiger le recours devant la cour de
Strasbourg.
La
presse, relatant les ultimes rebondissements de
l'affaire Papon, s'est contentée de signaler
que Jean-François Steiner, enfant de
déporté juif, était
écrivain et qu'il avait publié
Treblinka. Il est nécessaire de lever le
trouble qui naît de cette situation où
l'on voit le fils d'une victime justifier
l'attitude d'un homme convaincu de
complicité de crimes contre
l'humanité.
La
réponse est dans son livre Treblinka.
Il
nous faut pour cela revenir trente-cinq ans en
arrière, au moment où
Jean-François Steiner publiait son
best-seller chez
Fayard
(...)
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