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Après
l'attentat de ETA Mercredi
1er mars 2000 L'organisation
clandestine a décidé d'intervenir
dans la campagne électorale en assassinant
Fernando Buesa. Le porte-parole au sein du
Parlement Basque (Eusko Legebiltzarra) des
élus du Parti Socialiste d'Euskadi -
Euskadiko Ezkerra (PSE-EE). La succursale "basque"
du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE).
L'attentat
à la voiture piégée
perpétré le mardi 22 Février
à Vitoria-Gasteiz, siège du
Gouvernement et du Parlement de la
Communauté Autonome Basque, a aussi
coûté la vie à Jorge Diez
Elorza, garde du corps de Fernando Buesa,
détaché à cette mission par la
Ertzaintza (Police Autonome Basque). Quel
est donc le message qu'a voulu faire passer
ETA? Quel résultat ou au moins quelle
évolution politique recherche l'organisation
armée en tuant un élu? A ces
questions cruciales, il est bien difficile
d'essayer de répondre par des
hypothèses logiques. Il ne faudra pas non
plus attendre d'éclaircissements
convaincants du communiqué qui devrait
être diffusé ces jours prochains.
La dialectique habituelle d'ETA ne se
départit pas d'un hermétisme total,
servi par une rhétorique alambiquée.
A ce sujet, il est légitime de se demander
à qui s'adresse ETA par le biais de ses
écrits tant il parait évident
à les lire que le peuple basque, en sa
grande majorité, n'est pas a même de
comprendre une sémantique aussi pesante.
La mort de Fernando Buesa ne peut se comprendre,
que dans la continuité de la
"stratégie de la rupture": la
volonté de replacer la lutte armée en
pierre angulaire du combat politique mené au
nom du peuple basque. Dans
cette perspective, ETA se place en pivot de
toute solution politique au contentieux avec
Madrid voire même avec Paris et affirme sans
contestation possible que rien ne se fera, ou en
tout cas rien de durable, sans qu'elle ne lui donne
au minimum son aval. Cette
position dure se fonde sur une prétention
à parler au nom de l'ensemble du peuple
basque, attitude qui en outre nie la
réalité socio-politique du Pays
Basque, tout au moins dans sa traduction
électorale. En effet, sur les 7 provinces
basques, seules 2, Bizkaia et Gipuzkoa, ont une
majorité électorale et sociale
abertzale. Dans les 5 autres provinces, dont
celles sous tutelle de l'Etat français
(Lapurdi, Nafarroa Beherea, Zuberoa), la conscience
politique d'un destin séparé de
l'Espagne ou de la France en est à des
stades différents, mais en tout cas -
électoralement parlant toujours -
minoritaires. En
supprimant Fernando Buesa, c'est le symbole
politique qu'a, bien sûr, visé
ETA. Certes, Fernando Buesa n'aura pas
laissé le souvenir d'un dirigeant politique
sensible aux droits du peuple basque durant sa
charge de vice-président de la
Communauté Autonome Basque et de ministre en
charge du secteur de l'Education, entre 1991 et
1995... Certes, Fernando Buesa était
même un adversaire résolu de la
revendication d'autodétermination et, on
peut le dire, un opposant relativement sectaire du
simple fait basque... Certes, Fernando Buesa ne
manquait jamais une occasion d'exprimer ses
opinions et positions anti abertzale, en
particulier au sein du Parlement Basque... Certes,
Fernando Buesa était le porte-voix de la
faction la plus "anti basque" du PSE-EE, si
tant est qu'il y ait au sein de ce parti clairement
espagnoliste un secteur peu ou prou favorable
à une évolution vers plus de
souveraineté basque... Comment
être dedans et en dehors du jeu
institutionnel au même temps? A
suivre: "Tactique
de la
dramatisation"
03.03.2000 |
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