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Un
etrange objet
nommé
"Europa"
par
Dido
2.
La souveraineté et le citoyen
Il
est pourtant indéniable qu'on est en
présence d'une réelle
exténuation du concept d'État-nation
tel qu'il s'est historiquement
constitué.
La
véritable "atteinte" à la vie,
à la légitimité de
l'État-nation demeure ailleurs. En fait, on
pourrait même soutenir, en forçant un
peu l'analyse, qu'en cette période qui
questionne son mode de survie, l'État-nation
cherche à l'extérieur soit cette
légitimation qui à l'intérieur
a du mal à retrouver un nouveau élan
soit une justification de mesures qui
répondent à des impératifs
économiques et policiers qui vont à
l'encontre des attentes du peuple habitant sur son
territoire.
En
réalité, le déclin de
l'État-nation se développe en son
propre sein. C'est le nexus
naissance/souveraineté qui est en train
d'imploser.
Le
concept d'État-nation renvoie à un
État qui fait de la naissance même la
source de sa souveraineté : sa naissance
devient immédiatement nation et le sujet de
droit se découpe sur la figure du
citoyen.
Il
y a certes déjà beaucoup à
dire sur ce citoyen-sujet-de-droit mais, contentons
nous de rappeler que droits et devoirs, pouvoirs et
assujettissements trouvent leur raisons dans
l'identité entre homme et citoyen,
entre droits de l'homme et droits du citoyen. C'est
donc le citoyen qui fait figure de conditio sine
qua non.

La
situation de nos jours illustre un nombre croissant
de personnes (réfugiés,
immigrés, laissés pour compte, etc.)
dépourvues, de jure ou de
facto, des habits du citoyen. Ce sont ces
individus qui, brisant concrètement ladite
identité jouée comme fiction
originaire de la souveraineté, menacent
l'appareil constitutif de l'État-nation.
Même s'il n'y a jamais eu coïncidence
parfaite entre résidents et citoyens, cette
non-représentation à
l'intérieur d'un territoire n'avait jamais
pris des proportions si importantes du point de vue
quantitatif et qualitatif, dans les faits et dans
les consciences.
La
triade État-nation-territoire est
alors révolue. Le territoire est un espace
qui renvoie au delà du concept de nation, et
par conséquent la souveraineté puise
actuellement sa légitimité sur un
peuple dont les citoyens, plus
précisément les citoyens ayant et
exerçant leurs droits, sont une unité
de mesure de plus un plus insuffisante à
représenter le tout
résident.
Un
véritable noeud gordien à
défaire, que les dispositions
d'urgence mises en oeuvre ne savent de par
leur nature même ni saisir ni traiter. Car
l'urgence c'est une catégorie qui, par
définition, est incapable de toute
pensée. L'urgence fixe son objet dans
son apparence et le cible par des remèdes
qui se bornent aux effets (peut être vraiment
insoutenables pour un système donné)
sans s'attaquer point aux causes. Lesquelles
peuvent coïncider avec les catégories
fondatrices du système
même...
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