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Pourquoi
la communauté internationale a
condamné le peuple kurde à
la soumission:
analyse
par Dido
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Souvent
la trajectoire politique et humaine, même
brève, d'un homme symbole dans l'espace
médiatique est l'occasion qui prône au
questionnement et à la mise a nu des
probabilités de succès des
aspirations qu'il incarne. Et, par là, de
cerner les dispositifs politiques concrets qui, en
dernier ressort, conditionnent et façonnent
la réussite de son entreprise. Or, de
quel paradigme politique concret l'histoire
d'Öçalan est-elle le
reflet?
Tout
simplement, l'affaire Öçalan est
l'illustration des chances restées
aujourd'hui au choix des armes fait par une
minorité opprimée en vue de sa
propre autodétermination. Par
définition, les militants d'une telle option
sont des soldats irréguliers,
illégaux. Des partisans, si l'on veut, qui
visent à libérer et consolider en
leur faveur un morceau de territoire où ils
ne reconnaissent pas l'autorité
institutionnalisée. Par contre
l'armée régulière,
légale, est bien celle qui leur fait face,
qu'ils vont combattre. Deux
légitimités différentes qui
s'opposent, donc, mais qui ne peuvent pourtant
plus, à elles toutes seules,
déterminer l'issue du conflit. Car elles
sont forcément imbriquées dans des
fronts et des systèmes de politique mondiale
où l'attitude de ou des tiers
intéressés résultera
décisive.
Sans
intervention externe, des cas de figure pareils
verraient normalement le maintien au pouvoir de
la partie légale qui, même si
affaiblie et contestée, peut cependant
disposer de moyens offensifs plus importants et
efficaces que ceux de son adversaire. Entre autre,
et ce n'est pas la moindre des choses, de
l'appartenance aprioriste à la soi-disant
communauté internationale, avec les
conséquences immédiates qui
généralement en suivent (n'est-ce
pas un reflex conditionné usuel, et
avant-coureur de tempête pour le
destinataire, l'étiquette de terroriste
qu'on colle d'habitude au dos des
révolutionnaires de tous bords
?).
Pour
ce qui nous concerne le partisan, ce combattant
irrégulier, dépend alors de l'aide
qui lui apporte une puissance
régulière (ce qui, soit dit en
passant, entache, voire détourne,
l'intégrité de ses idéaux
originaires). Plus précisément :
la fonction du tiers intéressé est
essentielle, car elle garantit cette
référence au régulier dont
l'irrégularité du militant
révolté a besoin pour s'habiller des
vestes du politique et se délaisser de
celles du criminel. Cet aspect de l'affaire a
toujours existé, a toujours
été connu. Mais, de nos jours, cette
relation s'impose plus nettement encore du fait des
outils techniques nécessaires pour gagner le
pari, et desdites interférences de la
politique internationale. Il s'en suit que toute
guerre civile, car c'est bien de guerre civile
qu'il est ici question, déborde de ses
frontières nationales et se pose sous la
forme tendancielle de guerre civile mondiale.
À plus forte raison si les tiers
intéressés se présentent de
façon monolithique tel qu'ils le font
aujourd'hui, sous la figure d'une communauté
internationale soudée et sous couvert des
droits de l'homme et de l'ordre global.
Tout
en rappelant que l'aporie historique de la
déclaration des droits de l'homme et du
citoyen, où pour être sujet de droit
il faut être citoyen, n'en résulte
qu'approfondie et soumise au partage octroyé
par cette même communauté
internationale, c'est une autre
conséquence qui attire notre attention. Et
précisément que l'ennemi d'une
telle communauté s'accompagne de l'attribut
virtuel d'absolu, devient en puissance l'ennemi du
genre humain, et comme tel destiné à
la négation de tout droit et à
l'anéantissement potentiel.
Par
la force de cette logique, certes portée par
nous à ses conséquences
extrêmes, mais néanmoins dans la
droite ligne du pas des choses,
Öçalan et ses gens, dépourvus
d'une réelle référence
extérieure qui leur donne une patente
agréée (les voix des âmes
pieuses et criantes ont démontré une
fois de plus leur manque de poids effectif), ne
pouvaient que connaître le destin qui est
devenu le leur : le premier se voir
repousser de pays en pays jusqu'à se faire
enlever, juger et condamner, au moins
formellement, à mort; son parti renoncer
à la lutte partisane pour se transformer en
partisan de la non-violence.
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