Pourquoi la communauté internationale a condamné le peuple kurde à la soumission: analyse
par Dido

L'affaire Ocalan - danger de massacre pour le peuple kurde: tout le dossier


6 septembre 1999


Souvent la trajectoire politique et humaine, même brève, d'un homme symbole dans l'espace médiatique est l'occasion qui prône au questionnement et à la mise a nu des probabilités de succès des aspirations qu'il incarne. Et, par là, de cerner les dispositifs politiques concrets qui, en dernier ressort, conditionnent et façonnent la réussite de son entreprise. Or, de quel paradigme politique concret l'histoire d'Öçalan est-elle le reflet?

Tout simplement, l'affaire Öçalan est l'illustration des chances restées aujourd'hui au choix des armes fait par une minorité opprimée en vue de sa propre autodétermination. Par définition, les militants d'une telle option sont des soldats irréguliers, illégaux. Des partisans, si l'on veut, qui visent à libérer et consolider en leur faveur un morceau de territoire où ils ne reconnaissent pas l'autorité institutionnalisée. Par contre l'armée régulière, légale, est bien celle qui leur fait face, qu'ils vont combattre. Deux légitimités différentes qui s'opposent, donc, mais qui ne peuvent pourtant plus, à elles toutes seules, déterminer l'issue du conflit. Car elles sont forcément imbriquées dans des fronts et des systèmes de politique mondiale où l'attitude de ou des tiers intéressés résultera décisive.

Sans intervention externe, des cas de figure pareils verraient normalement le maintien au pouvoir de la partie légale qui, même si affaiblie et contestée, peut cependant disposer de moyens offensifs plus importants et efficaces que ceux de son adversaire. Entre autre, et ce n'est pas la moindre des choses, de l'appartenance aprioriste à la soi-disant communauté internationale, avec les conséquences immédiates qui généralement en suivent (n'est-ce pas un reflex conditionné usuel, et avant-coureur de tempête pour le destinataire, l'étiquette de terroriste qu'on colle d'habitude au dos des révolutionnaires de tous bords ?).

Pour ce qui nous concerne le partisan, ce combattant irrégulier, dépend alors de l'aide qui lui apporte une puissance régulière (ce qui, soit dit en passant, entache, voire détourne, l'intégrité de ses idéaux originaires). Plus précisément : la fonction du tiers intéressé est essentielle, car elle garantit cette référence au régulier dont l'irrégularité du militant révolté a besoin pour s'habiller des vestes du politique et se délaisser de celles du criminel. Cet aspect de l'affaire a toujours existé, a toujours été connu. Mais, de nos jours, cette relation s'impose plus nettement encore du fait des outils techniques nécessaires pour gagner le pari, et desdites interférences de la politique internationale. Il s'en suit que toute guerre civile, car c'est bien de guerre civile qu'il est ici question, déborde de ses frontières nationales et se pose sous la forme tendancielle de guerre civile mondiale. À plus forte raison si les tiers intéressés se présentent de façon monolithique tel qu'ils le font aujourd'hui, sous la figure d'une communauté internationale soudée et sous couvert des droits de l'homme et de l'ordre global.

Tout en rappelant que l'aporie historique de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, où pour être sujet de droit il faut être citoyen, n'en résulte qu'approfondie et soumise au partage octroyé par cette même communauté internationale, c'est une autre conséquence qui attire notre attention. Et précisément que l'ennemi d'une telle communauté s'accompagne de l'attribut virtuel d'absolu, devient en puissance l'ennemi du genre humain, et comme tel destiné à la négation de tout droit et à l'anéantissement potentiel.

Par la force de cette logique, certes portée par nous à ses conséquences extrêmes, mais néanmoins dans la droite ligne du pas des choses, Öçalan et ses gens, dépourvus d'une réelle référence extérieure qui leur donne une patente agréée (les voix des âmes pieuses et criantes ont démontré une fois de plus leur manque de poids effectif), ne pouvaient que connaître le destin qui est devenu le leur : le premier se voir repousser de pays en pays jusqu'à se faire enlever, juger et condamner, au moins formellement, à mort; son parti renoncer à la lutte partisane pour se transformer en partisan de la non-violence.

 

L'affaire Ocalan - danger de massacre pour le peuple kurde: tout le dossier


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