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Télévision: Sarko va démanteler le service public. Voici comment


Vendredi 11 janvier 2008

Nicolas Sarkozy a été très clair: Il veut supprimer la publicité sur les chaînes de France Télévisions. Le président l'a bien souligné: il s'agit d'une "révolution", garante de la qualité du service public. Tout au moins, c'est ainsi que le président a présenté la question lors de son show médiatique de mardi matin, le 8 janvier 2007.

La nouvelle "a créé un levier énorme pour les chaînes privées... Compte tenu des liens de TF1 et Bouygues avec le pouvoir en place, on se doutait qu'ils ne seraient pas défavorisés", note à la bourse de Paris, un vendeur d'actions cité par notre confrère suisse Le Temps.

Georges-Marc Benamou, conseiller médias de l'Elysée, a expliqué sur RTL: l'Etat n'a pas "assumé ses responsabilités envers le service public audiovisuel depuis la privatisation de TF1", il y a 20 ans. "Si on veut un service public, il faut lui donner une identité, un périmètre et des moyens de se financer".
Identité. Périmètre. Et, des moyens.

Pour l'identité du futur service public nous pouvons faire confiance au président de la République. Personne dans ce pays n'ose imaginer que Nicolas Sarkozy puisse vouloir redéfinir le paysage audiovisuel public sans s'en garantir le contrôle. Personne n'a d'inquiétude donc, en ce qui concerne la nouvelle identité de la nouvelle télévision... d'Etat.

Quant à ses moyens... il faut bien reconnaître que nous nous retrouvons dans un flou artistique bien opaque. Et très inquiétant. Sans moyens suffisants, il est bien évident que le "périmètre" du service public ne peut que se rétrécir. Considérablement.

Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian a jugé excessif le nombre de chaînes de télévision publiques existantes. Jeudi 10 janvier, il a suggéré: "On peut faire des regroupements, ça veut dire aussi qu'on peut faire quelques privatisations, peut-être, de petites chaînes pour conserver un grand service public original et de qualité". Privatisation. Le mot est lâché.

En perdant la pub, la télé publique abandonne 800 millions d'euros par an. Autant d'argent offert aux groupes privés.
"Partout où la télévision en général se porte mieux, c'est dans les pays où il y a le moins de publicité sur la télévision publique", s'est réjoui immédiatement Nicolas de Tavernost, PDG du groupe M6.

A la suite de l'annonce de la suppression publicitaire dans le service public, les actions des concurrents privés se sont envolées en bourse.

François Fillon a reçu, toujours jeudi 10 janvier, Patrick de Carolis, le président de France Télévisions.
Le Premier ministre s'est voulu rassurant
"France Télévisions conservera la totalité de son périmètre actuel" et la "compensation financière […] sera intégrale". Pourtant, en l'absence de toute garantie, les salariés doutent: "Comment pouvez-vous croire le gouvernement?" Le gouvernement est accusé de préparer le démembrement du service public au profit des concurrents du privé.

L'hypothèse de la privatisation de France2, qui absorbe 60% de la publicité sur France Télévisions, se profile à l'horizon. Mais, un autre scénario se dessine aussi. Le gouvernement pourrait se débarrasser des stations régionales de France3, en confiant leur gestion aux régions. Qui pourraient décider d'ouvrir le capital des antennes régionales de France3 aux groupes de presse privés locaux. "Le gouvernement veut renvoyer l'ascenseur au privé en saignant le service public". Pour la CGT de France Télévisions, le doute n'est même pas permis.

Une chose est certaine. Pour Sarko, tout est marchandise. Comme l'a très clairement expliqué l'actuel hôte de l'Elysée, même l'homme n'est pas une exception. L'homme, une marchandise, lui aussi.




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