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Nicolas
Sarkozy a été très clair: Il
veut supprimer la publicité sur les
chaînes de France
Télévisions. Le président
l'a bien souligné: il s'agit d'une
"révolution", garante de la qualité
du service public. Tout au moins, c'est ainsi que
le président a présenté la
question lors de son show médiatique de
mardi matin, le 8 janvier 2007.
La
nouvelle "a créé un levier
énorme pour les chaînes
privées... Compte tenu des liens de TF1
et Bouygues avec le pouvoir en place, on se doutait
qu'ils ne seraient pas défavorisés",
note à la bourse de Paris, un vendeur
d'actions cité par notre confrère
suisse Le Temps.
Georges-Marc
Benamou, conseiller médias de
l'Elysée, a expliqué sur RTL:
l'Etat n'a pas "assumé ses
responsabilités envers le service public
audiovisuel depuis la privatisation de TF1", il y a
20 ans. "Si on veut un service public, il faut lui
donner une identité, un
périmètre et des moyens de se
financer".
Identité. Périmètre. Et, des
moyens.
Pour
l'identité du futur service public nous
pouvons faire confiance au président de la
République. Personne dans ce pays n'ose
imaginer que Nicolas Sarkozy puisse vouloir
redéfinir le paysage audiovisuel public sans
s'en garantir le contrôle. Personne n'a
d'inquiétude donc, en ce qui concerne la
nouvelle identité de la nouvelle
télévision... d'Etat.
Quant
à ses moyens... il faut bien
reconnaître que nous nous retrouvons dans un
flou artistique bien opaque. Et très
inquiétant. Sans moyens suffisants, il est
bien évident que le
"périmètre" du service public ne peut
que se rétrécir.
Considérablement.
Le
secrétaire général de l'UMP,
Patrick Devedjian a jugé excessif le nombre
de chaînes de télévision
publiques existantes. Jeudi 10 janvier, il a
suggéré: "On peut faire des
regroupements, ça veut dire aussi qu'on peut
faire quelques privatisations, peut-être, de
petites chaînes pour conserver un grand
service public original et de qualité".
Privatisation. Le mot est
lâché.
En
perdant la pub, la télé publique
abandonne 800 millions d'euros par an. Autant
d'argent offert aux groupes privés.
"Partout où la télévision en
général se porte mieux, c'est dans
les pays où il y a le moins de
publicité sur la télévision
publique", s'est réjoui immédiatement
Nicolas de Tavernost, PDG du groupe M6.
A
la suite de l'annonce de la suppression
publicitaire dans le service public, les actions
des concurrents privés se sont
envolées en bourse.
François
Fillon a reçu, toujours jeudi 10 janvier,
Patrick de Carolis, le président de France
Télévisions.
Le Premier ministre s'est voulu rassurant
"France Télévisions conservera la
totalité de son périmètre
actuel" et la "compensation financière
[
] sera intégrale". Pourtant,
en l'absence de toute garantie, les salariés
doutent: "Comment pouvez-vous croire le
gouvernement?" Le gouvernement est accusé de
préparer le démembrement du service
public au profit des concurrents du
privé.
L'hypothèse
de la privatisation de France2, qui absorbe 60% de
la publicité sur France
Télévisions, se profile à
l'horizon. Mais, un autre scénario se
dessine aussi. Le gouvernement pourrait se
débarrasser des stations régionales
de France3, en confiant leur gestion aux
régions. Qui pourraient décider
d'ouvrir le capital des antennes régionales
de France3 aux groupes de presse privés
locaux. "Le gouvernement veut renvoyer l'ascenseur
au privé en saignant le service public".
Pour la CGT de France Télévisions, le
doute n'est même pas permis.
Une
chose est certaine. Pour Sarko, tout est
marchandise. Comme l'a très clairement
expliqué l'actuel hôte de
l'Elysée, même l'homme n'est pas une
exception. L'homme, une marchandise, lui
aussi.
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